AVION À HYDROGÈNE : AIR LIQUIDE, ADP ET AIRBUS S’ALLIENT POUR PRÉPARER L’ARRIVÉE DES PREMIERS MODÈLES

Nous entendons tellement de bêtises concernant l'usage de l'hydrogène, que j'ai souhaité y voir plus clair en allant un peu me renseigner sur cette propulsion si malmenée. Je me suis dit tout d'abord pourquoi de si grands groupes se lancent dans l'utilisation de ce tout nouveau "carburant". 

L’hydrogène "verte" est présentée comme solution d’avenir, ce n’est heureusement pas de l’hydrogène gris qu’il s’agit mais plus généralement d’hydrogène « décarboné » ou encore d’hydrogène « vert ».

L’hydrogène vert est produit par électrolyse de l’eau. Il s’agit de décomposer l’eau (H20), élément naturel par excellence, en dioxygène (O2) et dihydrogène (H2) grâce à un courant électrique. L’installation qui permet cette opération s’appelle un électrolyseur. Si l’électricité utilisée est exclusivement d’origine renouvelable (produite par exemple par des installations solaires, éoliennes ou hydroélectriques), cet hydrogène sera « propre » et qualifié de « vert ». S’il est produit par une proportion importante d’électricité d’origine nucléaire (comme en France), il se verra plutôt attribuer la couleur jaune. Cette fabrication-là n’est ni propre ni durable car elle dépend de l’utilisation d’un « combustible » fossile, l’uranium, dont la ressource n’est pas renouvelable. Elle s’accompagne en outre de la production de déchets radioactifs qui resteront dangereux pendant plusieurs centaines de milliers d’années et dont on ne sait toujours pas quoi faire.

Lorsque les médias et la plupart des « experts » nous parlent d’hydrogène, ils nous disent (presque) tous que cet élément, bien qu’il soit le plus abondant de l’Univers, ne se trouve pas à l’état naturel dans la croute terrestre ou l’atmosphère. En réalité il s’agit d’une « fake news ».

Pour preuve : des puits d’hydrogène naturel découverts « par hasard » à proximité de Bourakébougou, au Mali et qui, depuis plusieurs années, alimentent ce village en électricité. Deux scientifiques français, Eric Deville et  Alain Prinzhofer sont partis à sa recherche et en ont trouvé des traces à plusieurs endroits de la planète. Leurs découvertes font l’objet d’un livre : « Hydrogène naturel : la prochaine révolution énergétique » publié chez Belin. 

"Pointée du doigt pour son impact en matière d’émissions de CO2, l’aviation promet des efforts considérables pour produire des avions plus propres. Parmi les pistes envisagées, l’hydrogène est très prometteur. Mais cela va demander de repenser les infrastructures aéroportuaires, ce à quoi veut s’attaquer une coalition d’industriels français.

L'émergence des avions à hydrogène nécessite de revoir l'organisation des aéroports.
@S.Ramadier/Airbus2021

Lundi 21 juin, Air Liquide, Airbus et le Groupe ADP ont présenté un protocole d'accord pour préparer l'arrivée de l'hydrogène dans les aéroports en 2035. Cette initiative a pour but de favoriser le développement de nouveaux avions zéro émission. Le partenariat porte sur la réalisation d'études d'ingénierie, en vue de créer les infrastructures nécessaires pour accueillir les nouveaux avions, notamment pour les approvisionner en hydrogène liquide.

Les trois groupes partenaires "entendent combiner leurs expertises respectives pour accompagner la décarbonation du transport aérien et définir les besoins concrets et les opportunités qu'apporte l'hydrogène au secteur aéronautique", avec l'objectif de "contribuer à l’émergence d’une filière française innovante et stratégique pour une aviation mondiale décarbonée".

Des plans pour les aéroports parisiens

Dans un premier temps, une étude portant sur un panel représentatif d’une trentaine d’aéroports dans le monde "permettra de déterminer les différentes configurations du développement et de l’approvisionnement en hydrogène liquide", est-il indiqué. Des scénarios et plans détaillés seront ensuite élaborés pour les deux principaux aéroports parisiens, Paris-Charles de Gaulle et Paris-Orly, afin de "définir les infrastructures requises, le dimensionnement et l'implantation, lesquels devront prendre en compte l’ensemble des contraintes liées d’une part aux normes de sécurité industrielle et d’autre part à celles de l’aéronautique".

Ce partenariat "est une étape importante et nécessaire pour préparer la mise en service d’un avion zéro émission d’ici 2035", résume Antoine Bouvier, directeur de la stratégie d’Airbus, cité dans le communiqué. Fin mai, onze projets visant à développer une filière hydrogène aéroportuaire en Ile-de-France, allant de son stockage à l'avitaillement de futurs avions zéro émission, avaient été retenus à l'issue d'un appel à manifestation d'intérêt, avec pour objectif de premières expérimentations sur site dès 2023. L'État français a annoncé en juin 2020 qu'il allait consacrer 1,5 milliard d'euros d'ici à 2022 pour "parvenir à un avion neutre en carbone en 2035".

Ludovic Dupin avec AFP"


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