De "pire entreprise du monde", le géant de l'agroalimentaire Cargill veut devenir le champion de la viande responsable

Comment une entreprise qui a autant de casseroles aux basques, peut-elle s'en sortir en devenant propre et respectueuse de l'environnement ?

Il s'avère que dans son domaine d'activité en voulant rester concurrentielle il est peu probable que les choses changent vraiment... Donner à manger à ses bêtes des insectes, est-ce la panacée ?

Il serait plutôt intéressant que nous, les consommateurs, soyons plus vigilants sur nos achats et notre propre système de choix de nourriture... Nous jetons encore tellement de produits que cela devient fou. Voici un article intéressant et nous avons mis des liens pour éclairer le propos.

Bonne lecture.

"Le géant Cargill, un des plus gros négociants de matières premières agricoles et de production de viande au monde, veut réduire de 30 % ses émissions de gaz à effet de serre. Le groupe, qualifié de "pire entreprise du monde" dans un rapport de l'ONG Mighty Earth, a notamment investi dans les protéines végétales, la viande synthétique ou même les insectes pour répondre à la demande des consommateurs. Reste à savoir si cela sera suffisant.

Le PDG de Cargill dit avoir conscience de l'impact économique du changement climatique sur son activité.
 

Son nom est peu connu. 

Pourtant l'Américain Cargill est le plus grand négociant en matières premières agricoles au monde et le premier producteur de viande aux États-Unis. Selon l'ONG Mighty Earth, c’est surtout "la pire entreprise au monde".

Dans un rapport publié en août, le puissant groupe est étrillé de toutes parts. Bœuf contaminé, travail des enfants dans les cultures de cacao, eau polluée, déforestation, malversation financière…

La liste des faits reprochés à Cargill est longue.

"Contrairement aux industries du pétrole et du tabac par exemple, les mauvaises pratiques décrites ici ne sont pas inhérentes aux produits vendus par Cargill, elles sont tout à fait évitables", juge Henry Waxman, ancien membre du Congrès et président de l’ONG Mighty Earth

Le changement climatique, un risque économique pour Cargill

Face à l’effondrement de sa réputation, Cargill ne reste pas les bras croisés. En décembre, le groupe s’est fixé pour objectif de baisser de 30 % ses émissions de gaz à effet de serre par tonne de produits dans l’ensemble de sa chaîne de valeur d’ici 2030. Une décision que le PDG, David MacLennan, justifie par le risque que fait peser le changement climatique sur son activité. Cargill en a eu un aperçu cet été lorsque les inondations dans le Midwest ont touché le grenier à grains des États-Unis. "Sans des actions audacieuses et déterminantes de la part de tous les acteurs, le changement climatique déstabilisera l’ensemble du système alimentaire", a-t-il déclaré. 

Pour atteindre son objectif, Cargill mise sur plusieurs axes, de la captation de carbone à la protection des forêts. Surtout, pour réduire les émissions liées à la viande, le plus grand fournisseur mondial de bœuf haché va se concentrer sur quatre domaines : réduire la déforestation, diminuer le gaspillage alimentaire, innover et produire des aliments pour animaux à base d'insectes. Pour ce dernier point, Cargill a noué un partenariat avec InnovaFeed, une startup spécialisée dans le domaine. Les protéines seront destinées aux poissons d'élevage et l'huile d'insectes servira aux porcelets et aux poulets. 

Viande végétale et insectes

La production de viande, très impactante sur le climat, est au cœur du problème. Le groupe recherche des alternatives. En août dernier, le géant de la viande a investi 75 millions de dollars dans Puris, l’un des plus grands fabricants de protéine de pois des États-Unis et fournisseur principal de Beyond Meat, une startup spécialisée dans la fabrication de burgers végétariens. En 2017, le groupe a également investi dans la startup Memphis Meats, spécialiste de la viande artificielle.  

En diversifiant son portefeuille, Cargill parie sur le long terme. Car à court terme, la production de viande est plutôt performante. Lors du dernier trimestre, le groupe a enregistré une hausse de 19 % de son résultat net à 1,02 milliard de dollars. Le groupe a bénéficié des effets de la peste porcine qui a frappé la Chine. Reste encore à savoir si Cargill respectera ses engagements. Car le groupe n'a pas toujours été l'entreprise la plus détestée par les ONG. Pendant des années, elle a travaillé main dans la main avec elles, jusqu'à les décevoir en ne respectant pas les objectifs qu'elle s'était fixés par le passé."

Marina Fabre, @fabre_marina

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