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Caroline continue son périple au Liban, pays meurtri par la guerre, la crise économique et la mauvaise gouvernance.

Fidèle aux principes évangéliques, elle va vers les plus humbles, vers ceux qui ont le plus besoin d'aide. Quelques facettes de ses rencontres

 

 

Hayat et son fils

Elle était en train d’arroser les plantes du jardin de la paroisse face à chez elle, en compagnie de sa petite fille, quand elle a entendu une première explosion. Elle lui a crié de courir se cacher quand la seconde explosion a eu lieu.

Hayat, blessée au bras et au visage, perdait beaucoup de sang mais refusait d’aller à l’hôpital avant d’avoir retrouvé son fils et sa petite fille (celle-ci a été également blessée au bras et au visage).

Son fils, la quarantaine, était sourd-muet. On retrouva son corps sous les décombres quelque 9 heures plus tard, mais trop tard : il venait de mourir.

Depuis Hayat ne se vêt que de couleurs sombres; elle s’est coupé les cheveux et les garde toujours attachés. Son mari quant à lui a perdu la tête. Une bougie reste allumée jour et nuit près de la photo de son fils.

Hayat aujourd’hui a repris le travail de son fils qui était gardien du parking de la paroisse. Il arrive que des gens qui s’y garent lui demandent : « Où est ton fils ? »

 

Barbara, la vendeuse de chaussures

Barbara a près de 70 ans ; elle vit avec sa sœur, handicapée, et son frère aîné (74 ans). 
Pour subvenir aux besoins de sa famille, Barbara vend des chaussures pendant que son frère garde leur sœur. 

Quand on arrive, elle est devant la télé, elle écoute et prie le chapelet de Marie. Elle nous explique qu’elle est en retard de quelques mois pour le règlement de l’électricité, et qu’on risque de la lui couper (déjà que les coupures sont régulières !)…

Car ça fait longtemps déjà que la porte du magasin n’a pas été poussée par une cliente.

On décide d’éponger ses dettes ; on va chez son voisin l’épicier qui est aussi en charge du règlement EDL. Il a plus de 80 ans ; dans son magasin exigu, il vend du riz, des lentilles, quelques conserves…

On propose à Barbara de prendre ce qu’elle veut; elle choisit, gênée, un petit sac de riz et de lentilles ; nous l’encourageons à prendre davantages, de l’huile, du sel…

Elle est très embarrassée, mais elle accepte.

Barbara pourra terminer sa journée plus légère, mais pour combien de temps ?

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