Docteur Edmond Simeoni

 

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             Militant de la Corse

 

 

Ses articles :

Un nouveau MEDIA

Corse : la résilience en marche

Corse : 4 statuts de couche culotte

Corsica : Les bourgeons de vie

La chaleur a brutalement fondu sur la Corse, sans signes annonciateurs. Et la touffeur semble plus propice au farniente, aux loisirs émollients - rivière, plage avec l’odeur tenace de l’ambre solaire, annonciatrice elle des grandes migrations estivales – ;  plus propice aussi à la paresse qu’aux activités trépidantes du corps et de l’esprit  et, à fortiori, des luttes politiques et sociales.

Et pourtant, cet assoupissement apparent, aggravé par la déprime sociétale, est démenti par la résistance de fond syndicale à la loi Khomeiri, par la lutte encore feutrée de la Corse pour son émancipation nationale et plus encore par l’apparition, soutenue mais quasi souterraine, de la naissance tardive et du développement des bourgeons printaniers locaux.

La rétrospective est éclairante et démonstrative :

Les signes n’ont pas manqué, dans notre histoire tumultueuse, d’une Corse, toujours agressée mais jamais soumise ;  dès 1300 par les Barbaresques qui effectuaient des raids sur les côtes insulaires ; on n’a pas oublié non plus la révolte, interne cette fois, de Sambucucciu d’Alandu en 1359 contre la tyrannie de seigneurs féodaux.

Qui ne se souvient du patriote corse, Sampieru Corsu (1498-1567) qui lutta contre les Génois ? Puis de la lutte contre la République de Gênes ? suivie par celle de la lutte contre la France qui écrasa la nation de Pasquale Paoli  à Pontenovu en 1769 et pratiqua une politique coloniale jusqu’à ce jour. Nous étions quand même du côté de la  liberté, avec la France, en 1870, en 1914, en 1939-1945 où l’ile s’insurgea, grâce à une Résistance glorieuse contre les agressions fascistes et nazies.

La révolte corse contemporaine dont Aléria fut l’élément déclencheur en 1975, se déroule depuis cinquante ans, avec constance, courage, avec la diversité et la force des engagements et certes son lot d’erreurs, mais aussi de sacrifices que la France a niés et surtout jugulés jusqu’à présent par la force, la répression, l’aliénation, l’octroi de trois statuts mineurs en trompe l’œil .

J’avais écrit, il a quelques  années ! «  La démonstration est probante ; rapportée à sa faible population et à son économie, la Corse témoigne d’une vigueur et d’une constance contre l’arbitraire incontestables et d’une aspiration historique à la justice et à liberté ; il s’agit de traits marquants de sa personnalité collective ».

Les victoires électorales à la municipalité de Bastia en 2014, puis à la Collectivité de Corse en Décembre 2015, où les nationalistes assument le pouvoir, marquent une rupture franche avec le processus colonial. La Corse se réveille, fourmille d’initiatives, de projets… Avant, ils existaient mais étaient dispersés ;  désormais, le bloc du progrès peut afficher la résilience de la viticulture, les progrès des nouvelles technologies avec Campus Plex, le succès de Femu qui, la pépinière de l’Università Pasquale Paoli - elle fournit dirigeants politiques et cadres - ; l’environnement est mieux pris en compte et la culture d’étoffe.

On ne peut plus nier que les projets innovants existent et que la Corse digitale est en marche ; les clubs de réflexion naissent ainsi que de nouveaux groupes culturels, des media informatiques (U Clicu.fr et Media Corsica) ; des entreprises se créent et innovent dans l’énergie par exemple ou l’agro-alimentaire ; l’Università parraine une formation à l’Entreprenariat ; de jeunes lycéens engagent une réflexion insulaire à Bastia ; la diaspora, avec son immense réseau de compétences et de relations s’implique davantage ici ; son apport sera majeur.

Qui ne voit dans le succès majeur et de masse des Echecs en Corse, à travers Léo Battesti, l’émergence de l’excellence ? ou à travers les Itinéraires de Napoléon en Europe que pilote avec talent Jacques Mattei, la promesse d’une artère nourricière de mémoire, de projets, de développement économique ? ou encore à grâce aux Chemins de Saint Martin, signe du partage, féconds en Europe et qui abordent notre île grâce à la ténacité, au travail de Christian Andreani et de son équipe de la Cunfraterna di Patrimoniu ? Pierre Dottelond avait déjà publié un excelnet ouvrage ou il avait ssssssssouligné la courbe ascendante des projets et novations dans l’île.

Certes tout reste à faire : rompre le lien colonial,  reconstruire la démocratie, bâtir une économie plus juste, étoffer la formation, l’éducation,  enseigner la solidarité et les valeurs de l’humanisme, s’ouvrir à l’Europe et à la Méditerranée. De challenges majeurs !! mais réalistes et réalisables grâce à la volonté, aux ressources naturelles, humaines et financières –l’épargne-

Le climat local a changé, subrepticement ; on entend souvent à Bastia, à Aiacciu et ailleurs en Corse, « on respire mieux », allusion à   de l’asphyxie claniste, générateur d’un immobilisme  mortifère qui maintenait la Corse, en survie artificielle, sous perfusion, pré-mortem, sans projet, soumise, envahie par le doute et en proie à la gangrène sociale.

Aujourd’hui, les portes de l’espérance, de la fraternité sont largement ouvertes. Tocca à noi, tutte é tutti, di metteci à u travagliu. La moisson sera belle.

Dr Edmond Simeoni  Lozzi le 13 juillet 2016

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