À quoi ressembleront les festivals cet été ?

Écrit par Célia Laborie Le 27.05.2021,

*En Corse, comme dans beaucoup d'autres régions de France les organisateurs sont soucieux. On ne leur donne pas la feuille de route exacte de l'organisation du déroulement. Un festival selon sa jauge est tellement délicat à organiser.

Les services habituels ne savent pas à cette heure quoi nous répondre et auprès de qui aller chercher les renseignements. Les préfectures ont a priori des mécanismes différents. Il est légitime que l'on nous édicte des règles et qu'elles soient officielles. Il nous est paru intéressant de vous donner lecture de cet article de l'excellent site TRAX. Nous vous conseillons de vous y abonner ou de le lire...

                                                                                                                                                                                                                                                      Magali

"Si les plus gros comme le Hellfest ou Solidays ont déjà annoncé l’annulation de leur édition 2021, de nombreux petits festivals ont décidé de résister. Et de tenter d’adapter leurs propositions aux nouvelles normes sanitaires, malgré les incertitudes*. Les équipes du Macki Music Festival, du Sarcus et de Peacock Society nous racontent leur vision de l’été 2021.

Après un été 2020 dévasté, à quoi ressembleront les festivals de 2021 ? D’après les annonces faites par la ministre de la Culture Roselyne Bachelot le 6 mai, ces événements pourront accueillir le public debout en plein air à partir du 1er juillet, dans des espaces prévoyant au moins 4 mètres carrés par personne. Le plafond de la jauge, lui, sera fixé par le préfet en fonction de la situation sanitaire du territoire. « Quand on a entendu ça, on a sauté de joie au bureau », se souvient Noé Thoraval, directeur général et artistique du Sarcus Festival, installé dans un château-monastère du XVIIe siècle dans le Val-de-Loire. Après une annulation de dernière minute en 2020, l’événement devrait être maintenu du 27 au 29 août prochain. « On a la chance d’avoir beaucoup d’espace, puisque le domaine exploitable du château fait 30 0000 mètres carrés de terrain. On avait prévu différents scénarios selon les restrictions sanitaires. Au vu des dernières annonces, on devrait pouvoir accueillir 2000 personnes. », s’enthousiasme Noé Thoraval.

Les normes actuelles demandent certaines adaptations, mais les équipes des festivals sont prêtes à s’y plier pour retrouver leur public après deux longues années sans festivités. « C’est compliqué de se projeter, je dois tous les jours aller à la pêche aux informations », admet Fantin Dufay, chargé de communication pour le Macki Music Festival, qui aura finalement lieu les 11 et 12 septembre prochains. Tout l’enjeu est de proposer un événement covid-compatible à quelque 3 500 fêtards, dans le Parc de Carrières-sur-Seine (78) : « On va ouvrir l’espace entre les scènes pour que les gens ne se croisent pas trop dans leurs déambulations, et ajouter des bars pour qu’il y ait moins de stagnations. » Le fameux pass sanitaire, qui devrait devenir obligatoire pour tout événement rassemblant plus de 1000 personnes jusqu’en septembre, demande aussi une certaine logistique : « Nous allons devoir ajouter un barrage filtrant à l’entrée du festival, ce qui ajoute une ligne conséquente dans notre budget », remarque Fantin Dufay. « Mais même si tout ça est compliqué et incertain, le public nous attend, il faut qu’on continue à exister ! On met un point d’honneur à proposer quelque chose d’ultra qualitatif quoi qu’il arrive, sans augmenter les prix. »

L’arrivée du pass sanitaire, l’équipe du festival francilien Peacock Society l’avait vu venir depuis des mois. « Depuis janvier, nous sommes en discussion avec des spécialistes de l’AP HP. Nous avons longtemps défendu l’idée d’un pass sanitaire, parce que ça nous semblait la seule façon d’imaginer une reprise progressive des événements debout sans distanciation. Notre sondage réalisé auprès de nos habitués en mars dernier nous a montré que le public était prêt à subir des contraintes pour retrouver l’énergie et la joie des concerts », se félicite Alexandre Jaillon, directeur associé de We Love Art, à l’origine du festival Peacock Society. Pour cette édition 2021, le rendez-vous électronique se renouvelle, selon une formule qui avait déjà été évoquée avant l’arrivée du Covid-19. Du 4 au 5 septembre prochain, les fêtards ne se retrouveront plus au Parc Floral, mais au Parc de Choisy, dans le Val-de-Marne. Surtout, le festival abandonne son format nocturne pour deux jours de concerts et DJ sets de midi à minuit. « Comme nous aurons plus de place qu’au Parc Floral, nous aurons 5 scènes au lieu de deux espaces en 2019. On va donc pouvoir proposer des choix musicaux plus variés, avec du hip-hop, du gospel et, je l’espère, d’autres surprises ! », s’enthousiasme Alexandre Jaillon.

Cette crise de conscience du monde des festivals les aura donc amenés à se questionner sur l’identité de leurs propositions artistiques. « Depuis un an, on ne pouvait pas vraiment se projeter sur les modalités précises de l’organisation du festival. Alors on a travaillé sur le fond, et réfléchi à l’expérience qu’on voulait faire vivre à notre public », raconte ainsi Noé Thoraval, à propos du Sarcus Festival. « On a développé la dimension écologique de notre événement, en réduisant nos déchets et en augmentant la part d’énergie solaire dans l’alimentation des soundsystems. On veut aussi améliorer la communication entre les festivaliers, en aménageant des espaces pour les amener à se rencontrer et échanger. » Avec l’équipe du festival, Noé Thoraval a passé la moitié de son année au Château-Monastère de la Corroirie, et créé des liens durables avec le propriétaire du domaine. Tout l’été, ils y programmeront des week-ends de déconnexion, accueillant jusqu’à 200 participants. « Jusqu’en 2020, nous organisions souvent des soirées en club dans toute la France. Mais on s’est rendus compte que ça ne nous manquait pas tant que ça. On veut se concentrer sur des formats au cœur de la nature, plus engagés », insiste Noé Thoraval. Ces nouvelles priorités, partiellement dictées par cette période particulière, pourraient bien s’installer dans la durée."

François Chartier

logotrax.jpg