Michel Claude WEISS

Hommage...

 

Nombreuses et nombreux étaient celles et ceux qui connaissaient Michel Claude Weiss par ses communications sur la Corse. Le professeur Michel Claude Weiss est mort à 82 ans. C'est une figure de l'archéologie insulaire qui s'en est allé ce lundi 31 mai.  Avec François de Lanfranchi, Michel Claude Weiss était notamment connu pour sa découverte de la "dame de Bonifacio" en 1972, la tombe d'une femme qui vivait en 6500 ans avant notre ère et qui était recouverte d'une poudre minérale.

 

Auteur de nombreux articles scientifiques et d'ouvrages réputés, professeur émérite en « Anthropologie biologique, ethnologie et préhistoire»  à l'université de Corse où il enseigna entre 1980 et 2008, ce dernier a étudié l'archéologie insulaire pendant plus de trente ans.

 

Dans une publication sur le Facebook de l'Université de Corse Pasquale Paoli, le Président de l'université, Dominique Federici, tient à rendre hommage à un "collègue et ami". Il écrit : "Professeur en « Anthropologie biologique, ethnologie et préhistoire », M. Weiss a enseigné à l’Université de Corse de 1980 à 2008. Il a marqué des générations d’étudiants par ses grandes qualités humaines et professionnelles en leur transmettant avec ferveur et passion son immense savoir."

"Chercheur renommé, à l’origine de la découverte de la Dame de Bunifaziu, auteur de multiples ouvrages et articles, le Professeur Weiss ne cessa d’arpenter la Corse et d’y faire des découvertes majeures pour la compréhension et la connaissance de notre histoire et de notre patrimoine" poursuit Dominique Federici.

Les obsèques de Michel Claude Weiss ont eu lieu ce mercredi à 10h en l’église de Galeria.

 

De notre amie, Hélène Paolini-Saez, directrice du Laboratoire régional d’archéologie, une

de ses anciennes étudiante :

« Michel Claude Weiss a été mon directeur de recherche à l’université de Corse pendant

7 ans. 7 ans d’échanges, de discussions, d’enseignement informel où le statut d’étudiant

s’est mélangé à celui de chercheur, à celui d’archéologue. C’est Michel Claude Weiss qui

a appuyé mes demandes de bourses et d’allocation de recherche au moment de mon

DEA puis de ma thèse de doctorat. Il a cru en moi. Et je ne pourrais jamais l’oublier.

Il m’a fait confiance à un moment où la filière d’histoire n’existait pas encore à l’université

de Corse. J’arrivai de l’université de Paris I. Toute fière de revenir en Corse.

Il a su m’écouter et me conseiller. Nous avons construit ma recherche sur les céramiques

néolithiques de l’aire tyrrhénienne ensemble. Chacun a l’écoute de l’autre.

Mon premier coup de truelle en Corse a été fait à ses côtés au monte Ortu de Lumio. Et à ce moment-là j’ai su apprécier sa lecture des sols archéologiques que seul un préhistorien corse peut comprendre. Aujourd’hui monsieur Weiss est parti. Il nous guidera de là haut et nous montrera les chemins à prendre lorsque nous serons en prospection. Il nous montrera les emplacements des sondages à ouvrir sur nos nouvelles fouilles. Et il nous soutiendra dans la rédaction de nos publications. 

Je serai à Galeria ce mercredi pour lui dire au revoir et me remémorer les moments partagés d’il y a 20 ans lorsque, en toute simplicité, il m’avait prêté sa maison au bord du Fangu pour étudier une des nombreuses collections de mobilier archéologique. 

Une page de l'archéologie corse se tourne... »

 

Je ne pourrai être présent et je le regrette, je me souviens des travaux dans le local de l'université, où l'on reproduisait des anciens gestes, comme la cuisson de poteries sur le parking, les rires et les passions se transmettaient d'étudiant-e-s à étudiant-e-s dans une bonne humeur et dans la joie. Je ne suis pas archéologue, j'étais venu faire un sujet avec de jeunes journalistes (à l'époque pour le journal scolaire de la Corse). Claude m'avait reçu dans son bureau, très sensible à la transmission des recherches de ses étudiant-e-s... 
Moi, et les jeunes qui m'accompagnaient, étions fascinés par ce travail autant que par la bonne ambiance. L'équipe de roto moulage aussi... Tellement de souvenirs me reviennent en mémoire, et la gentillesse, l'accueil, l'ouverture sur les travaux en cours, il nous donnait l'impression d'être des "Indiana Jones"...

 

Merci Hélène de transmettre ainsi ces belles paroles sur ce chercheur qui aimait découvrir et partager. On se souvient de lui et de ses passages à Sagone...
Pierre-Paul

François Chartier