Liliane Vittori

 

Vit à Erbalunga et à Porri di Casinca, journaliste

 

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Née à Bastia, et je suis journaliste (télévision et presse écrite). Corse avant toute autre définition, j’ai beaucoup voyagé mais mon village reste le port d’attache et la réponse à toute question existentielle. Parce que chaque été, à Porri-di-Casinca, nous reformons le grand cercle de famille, dans cette île notre « Matre universale ».

 

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Chine : La nouvelle Route de la Soie, projet géopolitique résilient, passera par la Corse. 

 

 

Bastia. La Corse, île en Méditerranée

occidentale comptant 320 000 habitants,

doit absolument exporter, si elle veut

exister. Alors « La Route de la Soie », ce

colossal projet économique chinois

« gagnant-gagnant », a été évoqué à

Bastia dans le bureau du Maire Pierre

Savelli, lors de la réception de

Mr Zhu Liying, nouveau Consul Général

de Chine, basé à Marseille. Lors de

cette prise de contact à la Mairie de

Bastia, était présent Paul Pierinelli

Président de « Amitié Corse Méditer-

ranée Chine » et chef d’orchestre du

Salon International du Chocolat de

Bastia (2ème en fréquentation après

Paris). Il est allé à Shanghai cet été pour

la promotion d’un Salon du Chocolat

dans la 3ème ville chinoise

(10 millions d’habitants). Il pilote le projet « I Soldi Corsi » monnaie locale, solidaire, insulaire. La rencontre a mis en valeur la dynamique économique du Grand Bastia et son intention de figurer dans les itinéraires commerciaux « Route de la Soie », lesquels passent déjà par la Grèce (Le Pirée racheté par des investisseurs chinois), l’Italie et la région Paca.

Nouveaux investissements, Fonds New Silk Road, nouvelles infrastructures de transports (ligne de TGV Pekin-Moscou), reliant la Chine à l’Asie Centrale et à l’Europe : cette opération d’inspiration tout aussi commerciale que politique et géostratégique, traduit le nouveau positionnement de la Chine et son adaptabilité. La Route de la Soie révèle aussi l’intensité de la compétition entre les Etats-Unis en déclin, et la Chine incontestable locomotive et désormais première puissance mondiale. Via ses objectifs commerciaux, la Chine se pose aussi en possible artisan à la fois du développement de territoires et aussi artisan de la paix et notamment pour le Moyen-Orient ? Caroline Galactéros politologue, Colonel de réserve, dirige le site Planeting (http://galacteros.over-blog.com) : « Un Empire, plus étendu et décentralisé doit reposer sur un immense maillage de routes, de ports, d’aéroports, de voies énergétiques. C’est aujourd’hui au tour de la Chine de réaliser cette impériale prouesse. La presse fourmille de projets chinois visant à racheter tel port ou aéroport européen, à prendre le contrôle de tel ou tel territoire africain riche en matières premières ou fossiles, ou à déployer de croissantes forces de projection militaires navales en Mer de Chine méridionale. Ces projets, rarement mis en perspective, forment un ensemble cohérent et ne sont nullement le fruit d’un développement chinois désordonné laissé au hasard. » 

Projet impérial et titanesque mais aussi résilient.

Conçue en 2013 par un Président Xi Jinping visionnaire et pragmatique : la nouvelle route de la Soie est un réseau de plusieurs tracés terrestres et maritimes, organisés en étoile, tous centrés sur la Chine, mais qui concernent l’import-export de 65 pays. «Ce déploiement magistral de la puissance de Pékin » séduit les acteurs économiques des pays concernés via des partenariats avec les entreprises locales, des coopérations, des services publics, des contrats pétroliers et portuaires (Kazhazstan, Pakistan, Iran). Vers l’Europe il s’agit de la renaissance de la très ancienne Route de la Soie qui partant Chang’an (Xi’an) arrivait à Antioche et Venise. Améliorant les connections autoroutières et ferroviaires existantes, le tracé européen se dessinerait sur 13 000 kilomètres jusqu’à la Belgique. 

Une autre route traverserait le Pakistan jusqu’au port de Gwadar contournant  la Mer de Chine méridionale et les escarmouches avec Washington. Un autre itinéraire partant de Kunming (Yunnan) est dédié à la zone Laos-Cambodge- Malaisie-Birmanie-Singapour-Thaïlande-Vietnam. La grande inconnue restant « le Moyen-Orient meurtri » et donc l’évolution globale de la Syrie, de l’Irak, de l’Afghanistan, pays subissant un continuel « chaos savamment organisé » qui fait le jeu des Etats-Unis arc-boutés contre la suprématie chinoise et aussi contre les intérêts européens. Dans le contexte du « riaquistu economicu » insulaire relancé depuis les élections de 2015 et dans la perspective de l’export vers l’Asie : la Corse bénéficie d’un avantage particulier. Lieu de naissance de Napoléon Bonaparte (figure historique très connue en Chine la Corse bénéficie en Chine d’une certaine notoriété. Les Chinois associent Napoléon et Corsica. La visite du Consul général de Chine a été un moment doté d’un saveur particulière puisque c’est Napoléon, qui prononçait en 1816 à Ste-Hélène la célèbre phrase « Laissez donc la Chine dormir, car lorsque la Chine s'éveillera le monde entier tremblera ». Le Consul Général confirme : « je viens ici pour promouvoir les relations de coopération avec la Chine et c’est exact, la Corse est très connue en Chine car Napoléon est né ici, cela fait partie de la grande de notoriété de la Corse. L’empereur Napoléon est une extraordinaire personnalité au niveau militaire et puis il a rétablit l’Etat, l’Université et il a crée le Code Civil. Aux yeux des Chinois tout cela a été crée par ce même personnage qui a été capable de construire  un Etat moderne. »

Des représentants économiques de Shanghai et Macao sont déjà venus en Corse où de nombreux jeunes chinois étudient à l’Université de Corte. « Nous avons ici, ajoute le Consul, des contacts avec les associations, les mairies, les Préfectures, la Collectivité Territoriale. Nous affirmons notre forte volonté de développer les relations culturelles et économiques. Des centaines d’étudiants chinois sont passés par Corte et ils jouent un rôle relationnel important. J’ai la conviction que ces jeunes qui pratiquent le français, vont contribuer durant toute leur vie à faire vivre cette coopération entre les deux pays. » Les vins de Corse commencent à s’adresser aux marchés asiatiques via la structure marketing CIV (Conseil Interprofessionnel des Vins de Corse) représentée par Vincent Cervoni depuis Hong Kong. Il confirme sur le site Pari(s) de Corse : « Les chinois ne connaissent pas tous la Corse mais ils connaissent tous Napoléon. ». Paul Pierinelli a organisé à Shanghai un voyage de promotion du Salon du Chocolat et des Délices de Corse : « notre association vise à amplifier les liens économiques entre le Grand Bastia et la Chine, suite à nos échanges dédiés au Salon du Chocolat et grâce au soutien et à la volonté de la Municipalité de Bastia pour créer des relations économiques, culturelles, éducatives avec ce grand pays. On est très fiers, très contents de recevoir des représentants de la Chine à Bastia, c’est une première étape. Il faut savoir que le personnage historique le plus connu des Chinois reste Napoléon, on a la chance d’être corse, et là-bas le lien est vite fait entre la Corse et Napoléon. Les Chinois connaissent la Corse grâce à l’Histoire et aussi grâce au football. Alors pourquoi cette Route de la Soie ne passerait-elle pas par la Corse ? ». D’autant que le cadre Route de la Soie pourrait entrer en phase avec au projet  « Paoli-Napoléon », un cycle de séminaires transdisciplinaires à la fois historique, universitaire, touristique et mémoriel,  porté par Jean-Guy Talamoni Président de l’Assemblée de Corse . Un projet, territorialisé dans l’île, qui pourrait relancer le tourisme patrimonial en Corse autour de la destinée politique phénoménale de Napoléon prototype de « l’homme nouveau » et personnalité la plus connue au monde après Jésus-Christ.

Dans le projet impérial, commercial et géopolitique chinois : les territoires et leurs atouts terrestres ou maritimes seraient valorisés. Alors que la « mondialisation occidentalo-américaine a favorisé les territoires urbains, les zones maritimes et en général l'Ouest plus que l'Est ». L’idée chinoise serait du « global rebalancing » et l’on peut le qualifier de résilient. La centralité historique de l’Empire du Milieu, ses capacités de financement considérables, sa diplomatie constructive propulsent la Chine vers un exercice de la responsabilité internationale, plus positif, plus pacifique que celui exercé par les Etats-Unis. Toutefois, selon C. Galacteros : « la difficulté majeure pour la Chine dans son projet de Nouvelle Route de la Soie sera d’obtenir une stabilisation suffisante du Moyen-Orient pour déployer ses investissements économiques. » Le djhadisme, le terrorisme, les guerres menées par l’Occident depuis 4 décennies, déstabilisent l’Asie Centrale et le Moyen-Orient, sans non plus épargner l’Europe, continent qui subit un afflux dramatique de millions de migrants, tragédie sans précédent depuis 1945. Les grands médias occidentaux (et aussi les dirigeants européens ?), désarçonnés par le Brexit ou l’élection de D Trump, se montrent incapables de relayer les grands rendez-vous diplomatiques initiés par la Chine. Dont le 15 ème Sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) qui comprend la Chine, la Russie, le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan, l’Ouzbékistan et prochainement l’Inde et le Pakistan.

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