Liliane Vittori

 

Vit à Erbalunga et à Porri di Casinca, journaliste

 

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Née à Bastia, et je suis journaliste (télévision et presse écrite). Corse avant toute autre définition, j’ai beaucoup voyagé mais mon village reste le port d’attache et la réponse à toute question existentielle. Parce que chaque été, à Porri-di-Casinca, nous reformons le grand cercle de famille, dans cette île notre « Matre universale ».

 

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- La libération de la Corse

 

 

Moscou, New-York, Ajaccio : Jean-Guy Talamoni pourrait-il ressusciter la démocratie de son "pays ami" ? 
 

Sa réussite sur la TVA saluée par les présidents de Régions,

sa communication sur Paoli et Napoléon à Moscou, sa décla-

ration lue à l’ONU. Plus « Avanzà » manuel pédagogique sur

les fondamentaux de la Corse, la tournée des télévisions et

son projet de statut fiscal pour l'île : la course de fond de

Jean-Guy Talamoni fait de lui un athlète de la politique.

C'était avant la victoire des nationaliste aux Territoriales, lors

d’une conférence littéraire dans les jardins du Palais des

Gouverneurs à Bastia. Dans le public : Jean-Guy Talamoni,

sage, attentif, discret. Il glisse en aparté : « il y a ceux qui

font les élections et ceux qui font de la politique…». De ce point de vue, le Président de l’Assemblée de Corse est un athlète, doté d’une endurance phénoménale. Éclatante démonstration via son agenda de la semaine : une séquence politique particulièrement dense. En effet, à l’accord gouvernemental sur la TVA « un début de territorialisation de l’impôt dit-il », s’ajoute, à Moscou, une communication scientifique de l’historien J-G Talamoni au Symposium international sur le mythe Napoléon. Plus à New York, une déclaration via son Directeur de Cabinet à l’ONU. Plus le livre « Avanzà la Corse que nous voulons » (publié ce jour chez Flammarion), déclencheur d’interviews à BfmTv, Le Point, Le Monde, TV5Monde. Et voici maintenant la conférence de presse sur le projet de statut social et fiscal de la Corse. 

Dirigeant nationaliste (A Cuncolta puis Corsica Libera) J-G Talamoni est un homme de parti et de terrain ainsi qu’un redoutable théoricien du droit européen, du « républicanisme corse » et d’un « modèle corse ».

Son combat ? Négocier avec méthode et proactivité, sans jamais rien lâcher de ses convictions face aux caciques de l’ultra jacobinisme d’Etat, une technocratie incompétente et surpayée, incapable de rétablir le plein-emploi, étrangère à la bonne santé des économies régionales. Alors à l’Assemblée de Corse le 30 sept., le Président Jean-Guy Talamoni s’est félicité du succès de son action en faveur de la « responsabilisation et du dynamisme fiscal de la Corse ».

Une fois n’est pas coutume, il a été suivi (en partie) par le gouvernement Valls : « Hier à Reims, au congrès des Régions, le Premier ministre a annoncé que la dotation globale de fonctionnement sera remplacée par une portion du produit de la TVA ». Voilà qui va améliorer les moyens financiers de la Corse (et des Régions) puisque « le produit de la TVA augmente tandis que les dotations de l’Etat diminuent chaque année ». Reconnaissance de la vista corse ? L’actuel et l’ancien président de l’Association des Régions, Philippe Richert et Alain Rousset « ont rappelé que la Corse était à l’origine de cette demande.

C’est vrai ajoute J-G Talamoni, nous préconisons la territorialisation de l’impôt, c’est-à-dire l’affectation au budget de la CTC du produit des impôts payés par les Corses. ». D’où vient ce progrès en faveur de l’économie réelle ? Tout simplement d’un vote majoritaire le 19 décembre 2014 à Ajaccio, qui préconisait le « remplacement de la Dotation Globale de Fonctionnement et de la Dotation Globale de Décentralisation par une somme égale prise sur le produit de la TVA. Si nous nous félicitons d’avoir été précurseurs, nous maintenons qu’il faut aller plus loin. Nous souhaitons que ce dispositif soit élargi à l’intégralité de la TVA, à la DGD et à d’autres formes d’imposition. Nos demandes demeurent donc les mêmes et nous continueront à les formuler au gouvernement. » Place donc à « l’indépendance fiscale et financière ». Cette philosophie pourrait-elle s’appliquer à d’autres Régions françaises ? Oui mais alors on se demande pourquoi Paris et son ultra-jacobinisme, accorderait une autonomie politique à la Corse…région pourvue d’une créativité politique sans équivalent et capable de sauver ainsi la mise à une démocratie française ( une oligarchie) crépusculaire. Autre moment : la communication de Jean-Guy Talamoni au Symposium international de Moscou du 4 octobre (lire ici). Et hier, à New-York Sébastien Quenot, le directeur de cabinet de Jean-Guy Talamoni, prononcait une déclaration officielle à la Quatrième Commission « des territoires non autonomes à décoloniser » de l’ONU. En août dernier, Oscar Temaru, ancien Président de la Polynésie et de l’Assemblée de Polynésie, avait invité la Corse au siège des Nations-Unis en tant que « pétitionnaire ». Une invitation « pour permettre à un territoire qui s'estime en situation coloniale, mais n'est pas sur la liste, de venir s'exprimer devant les Nations Unies ».

La Polynésie, réinscrite en 2013, est le 17e territoire non-autonome reconnu par l’Assemblée générale des Nations Unies, aux côtés de la Nouvelle-Calédonie. (http://www.corsenetinfos.corsica/Sebastien-Quenot-La-voix-de-l-assemblee-de-Corse-a-l-ONU_a23579.html) s’ajoute, à Moscou, une communication scientifique de l’historien J-G Talamoni au Symposium international sur le mythe Napoléon. Plus à New York une déclaration via son Directeur de Cabinet à l’ONU. Plus le livre « Avanzà la Corse que nous voulons » (publié ce jour chez Flammarion), déclencheur d’interviews à BfmTv, Le Point, Le Monde, TV5Monde. Et voici maintenant la conférence de presse sur le projet de statut social et fiscal de la Corse…Quant au livre « Avanzà La Corse que nous voulons », il a déclenché une série d’articles et d’interviews (BfmTv, TV5Monde, Le Point, Le Monde).

Ce quasi  manuel scolaire peut avec pédagogie, remettre à niveau les connaissances des journalistes, des élus, des Ministères, des Conseillers, des citoyens du continent ainsi que des institutions comme la Cour des Comptes ou l’Insee qui ne se privent pas de mener des actions de désinformation et d’intoxication de l’opinion à l’encontre de la Corse. Référence aux statistiques fausses sur les soi-disant actes racistes en Corse ou à l’épisode du récent « référé » sur la perception des impôts dans l’île (lire ici). Ce livre s’ouvre sur la première ligne de la Constitution corse de  (Consulta de1755) initiée par Pascal Paoli : « La Diète générale du Peuple corse, légitimement maître de lui-même… ». Revenant sur les 40 années de lutte des militants nationalistes corses quand le « système électoral corse était cadenassé », quand la spirale foncière signifiait « dépossession immobilière » revenant aussi sur la création de l’Université de Corse ou les différents statuts particuliers : J-G Talamoni déroule des chapitres titrés Nouveau Riaquistu (réappropriation), Inventaires ou Républicanisme corse. Enseignant-chercheur en histoire J-G Talamoni évoque la « première guerre d’indépendance de Corse contre les Romains de 238 à 225 av J.-C ». En 2016, quels sont les défis auxquels devront répondre les élu-es insulaires dans le contexte de l’omnipotence de la technocratie et de la crise de l’UE ? Pour Jean-Guy Talamoni ce sont « la reconnaissance internationale pour la Corse », le retour vers le sentiment d’appartenance culturelle et citoyenne des peuples européens (Catalogne et Ecosse en tête). Et aussi « la réduction de la fracture territoriale » en Corse. Incontestablement, l’ensemble des politiques publiques lancées actuellement dans l’île, sont directement inspirée d’une conscience altermondialiste, d’une vision du futur ultra-prévoyante. Qu’il s’agisse de la souveraineté alimentaire, de la nouvelle organisation des transports maritimes, de la continuité territoriale en Méditerranée, de la nouvelle vie du Comité Massif, du concept global « d’île-montagne ». Un programme incluant un statut non-spéculatif de résident « pour une Corse souveraine qui aurait renoué avec sa vocation historique, qui entrerait de plain-pied dans la modernité ». De quoi soulever les convictions de tous les élus actuellement en campagne sur le continent pour la Présidentielle 2017 ! Tous, excepté E. Macron semblent à cours d’idées et de programmes. Un gag pour finir la dernière page cite « le lien amical » avec la France «  ce pays ami », une déclaration de Jean-Guy Talamoni qui avait beaucoup électrisé  les réseaux sociaux. Quant à l’actualité de la semaine prochaine J-G est reparti à toute allure sur la thématique stratégique de la fiscalité insulaire. Jean-Guy Talamoni : « son caractère dérogatoire est souvent décrié dans l’hexagone. La récente intervention de la Cour des comptes en constitue une illustration. Il n’est en pas moins parfaitement légitime et conforme au droit européen. ». 

Le Traité de l’UE de Lisbonne (l’article 174 du Traité de Fonctionnement) prévoit un « traitement particulier pour les territoires présentant des contraintes naturelles ou démographiques comme les îles ». La jurisprudence des juridictions européennes estime que « la discrimination consiste soit à traiter de façon différente des situations identiques, soit à traiter de façon identique des situations différentes ». La Corse, île-montagne, est doublement concernée selon J-G Talamoni « dans le cadre du travail engagé avec les socioprofessionnels sur le statut fiscal et social, nous démontrons les réalités d'exploitation extrêmement pénalisantes des entreprises corses. » Un constat élaboré en Corse après des rencontres avec des élus, des syndicats (secteurs salariés, agriculture, patronat CGPME, MEDEF, UPA) et des fiscalistes. 

 

Jean-Guy Talamoni, accompagné de chefs d’entreprises insulaires, présentera la restitution de l’enquête et les voies pour l’élaboration d’un Statut fiscal et social pour la Corse.

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