Anna Khronic

Mira'Belle Conceptu'Elle

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Signes particuliers : vit à Troyes. Derrière l’apparente froideur de cette chercheuse libre de toute doctrine se cache un tempérament de feu ! Elle aime jouer sur cette dualité et adapte ses tenues vestimentaires (tailleur strict ou tenue plus sexy) en fonction des situations, et de ses humeurs. En dehors toutefois des courants de la mode, qu’elle ne suit pas, puisqu’elle est hors du temps…

Et voici la nouvelle qui parle d'Anna : "Appassionata"

 

L'illustration d'Anna Khronic a été réalisée par : Olivia Franceschi, graphiste illustratrice originaire de Haute-Corse.

Blog : Les Ptits Z’écrits

 

 

Autres articles :

La Passion, une raison d'être ?

 

par Anna Khronic, l'une des 3 Mira'Belles Conceptu'Elles !

 

 

Cet article est illustré par la vidéo « Tu me fais Tourner dans le vide », que vous pouvez (re)découvrir en cliquant sur le titre.

 

« La passion, une raison d’être ? »

 

La logique ou l’intuition ? Le rationnel ou l’émotion ? La raison ou la passion ?

 

Si vous êtes comme moi résolument passion, je vous propose de découvrir ces petites réflexions autour du thème (de la passion donc !) traité pour écrire « Appassionata », un texte présenté dans la catégorie écriture - secteur littérature, dans le cadre de la 12ème Biennale des Jeunes Créateurs d'Europe et de Méditerranée qui a eu lieu en 2004.

 

Par rapport à l'amour, en général réciproque, qui est don et abandon de soi, la passion serait quant à elle un lien fondé sur le manque.

 

Manque à être, manque à dire. Manque dans l'avoir. Manque en soi-même parce qu'on ne s'aime pas.

 

Le désir y est prise et emprise. Et ce désir implique une déprise, tôt ou tard.

 

La passion contient un noyau de destruction et de mort.

La fin de l'amour se nomme séparation.

La fin de la passion s'appelle rupture.

Une rupture passionnelle fait confondre la fin de l'amour et l'idée de la mort.

 

Le mot « passion » vient du latin pâti qui veut dire souffrir. L'autre est le seul remède au mal dont il est la cause.

 

Possessivité. Jalousie. Peur. Exacerbation des émotions.

Détresse. Sentiment d'abandon.

 

Dans la passion, l'autre vous manque même quand il est là. Dépendance, drogue, comportement addictif. La passion se joue tout contre la folie.

 

Pourquoi avoir présenté un texte sur le thème de la passion ? Parce que, à l’époque, le thème me parlait, me hurlait dans les oreilles même.

 

La passion, je reprends et développe mes premières réflexions, la passion est désir d'exagération, de démesure. Elle est extrême, excès, émotions fortes, pulsions. Elle est aussi source féconde, rutilante et jaillissante. A la fois source de fertilité et de destruction.

 

Sa nature explosive, sa force dévastatrice font d'elle une émotion dont l'intensité ne peut être comprise par la raison.

 

La passion pousse à dépasser ses propres limites. A être facteur révélateur d'un nous-mêmes dont on ne soupçonnait pas l'existence. L'on s'y perd pour s'y retrouver, et s'y trouver tout court.

               D'une fusion à une confusion, pour un (beau) jour permettre l'effusion...

 

La passion se décline le temps de cinq saisons :

1. Tentation – impulsion

2. Idéal - sublimation

3. Conflit – destruction

4. Fusion - échange symbiotique

5. Peur - souffrance

 

Cinq saisons et cinq sens à solliciter pour ressusciter :

  • L’Ouïe pour « hurler à la mort » et « aboyer sa douleur ».

  • Le Goût pour « se remettre l’O à la bouche » et « savourer les mots ».

  • Le Toucher pour « caresser les soies » et « frôler les peaux ».

  • L’Odorat pour « sentir le parfum des fleurs » et « respirer toutes les odeurs ».

  • La Vue pour « voir son reflet dans le miroir » et « dissiper le brouillard jusqu’à dévoiler un flou artistique ».

 

La Synergie des cinq donne un sixième sens pour que « l'œil écoute et savoure » et que « le regard caresse et ressente ».

 

« Amour morte n'a aucune dimension… Redécouvrir un instant oublié et être désespéré par l'immensité du vide dont cet instant est entouré. S'interdire la douloureuse errance dans les couloirs du passé. Mettre un terme aux vains essais de faire renaître cet amour tel qu'il était. Alors, une nouvelle horloge se met à organiser le temps. Notre temps ».

Milan Kundera, extrait de son livre « L'Ignorance ».

 

Souffrance et nostalgie. Mal-être. Mal du pays. Tristesse causée par l'impossibilité d’y retourner. Eloignement. Angoisse de l’absence. Enfance perdue. Premier amour.

 

A-patio-nata.

Le préfixe privatif. Le pathos, pathétique, apathique.

Puis l’empathie. Et la (re)naissance.

 

 

 

 

« Appassionata » donc, à lire, si vous en avez envie !, en cliquant ici, est un texte écrit pour essayer de comprendre. Pourquoi l'arrêt du temps. Pourquoi l'angoisse de mort.

Parce que rupture (amoureuse) et pas séparation de corps et de bien. Rupture de cœur et de mal. Mal au cœur. Ecœurement. Aveuglée puis le trou noir. Tunnel. Froid. Peurs. Etouffée. Niée. Reniée. Liée à jamais.

Puis le lieu, ce soit disant non-lieu, où l’on peut tout délier. Etau qui se desserre. Ces serres qui écorchaient les chairs se défont. Déprise de cette emprise. Plus jamais de méprise. Ni de mépris de soi.

 

Amour-passion qui un jour se rompt. Vivre alors la fin des prochaines amours comme des « séparations », pour éviter d’avoir mal.

 

Rupture passionnelle : on y laisse quelque chose de soi.

 

Séparation amoureuse : on continue son chemin, avec en soi un petit plus, ce que l'autre nous a apporté.

 

 

En guise de conclusion…

 

A propos d’amour et de passion, comme raison d’être !, je termine en vous parlant de l’un de mes films fétiches : « Don Juan De Marco ». Dans ce film, Jack Mickler, personnage joué par Marlon Brando, est un psychiatre de renom qui est appelé d'urgence pour sauver un jeune homme du suicide. Vêtu d'un chapeau, d'un masque et d'une cape (de couleur noire, tels les attributs de Zorro !), affublé d'un accent espagnol, cet homme apparemment en proie au délire déclare être « Don Juan De Marco, le plus grand amant du monde », désespéré parce que Dona Ana, son seul amour, se refuse à lui.

 

Le psychiatre, prétendant s'appeler Don Octavio, arrive à raisonner Don Juan et l'emmène à sa clinique. Suivent alors une série d'entretiens qui plongent le psychiatre dans des aventures rocambolesques. Et lors de l'un de ces entretiens, le patient, perdant patience face au scepticisme dont persiste à faire preuve le psychiatre (lequel se défend comme il peut !) déclare :

            « Vous croyez que je ne vois pas ce qui se passe Don Octavio ? Vous avez besoin de moi... pour une transfusion, parce que votre sang est devenu poussière et a bouché vos artères.

            Votre besoin de réalité, votre besoin d'un monde où l'amour est imparfait va continuer à vous étouffer jusqu'à ce que toute vie soit éteinte en vous.

            Sachez que mon monde parfait n'est pas moins réel que le votre, Don Octavio. Il n'y a que dans mon monde que vous pouvez respirer, exact ? Est-ce exact ? ».

 

Et devant cette question, qui n'en est pas une, Don Octavio – Jack Mickler ne peut que répondre par l'affirmative. Il est vrai que grâce aux « délires » de ce personnage, lui-même s'est rendu compte de ce qu'il était avant de l'oublier, d'y renoncer…

 

Anna Khronic

Mira'Belle Conceptu'Elle

 

 

PS : Pourquoi Anna Khronic ? Pour cette définition que donne Salvador Dali  au sujet de l’Anachronisme : « Cataclysme sentimental pétillant d'arrière-pensées de peau nouvelle »…

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