Monique Bellini

Je suis née dans Marseille occupée, en haut d'un sombre immeuble de la rue de la République, là où devait s'établir en étage le premier restaurant vietnamien. J'avais choisi afin d'entrer dans le monde, un matin d'août, et bien que ma mère ne mangeât alors que des aubergines, j'étais un bébé dodu et entouré de crépinettes. Le cri d'horreur que mère poussa en me voyant, fut-il la cause de mon éternelle scoumoune ? Je ne saurais le dire. Ce qui est certain, c'est que l'on m'affubla d'un prénom que j'exècre au plus haut point et que je devais traîner toute ma vie durant...

Découvrez la suite de mon histoire dans "Certains de la Diaspora".
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   Eoures et la crèche à la lumière noire

Les origines du mot Eoures sont très controversées.

D’après les uns, Eoures viendrait de Quidé signifiant « tas de pierres », disposé pour retenir les eaux. D’après d’autres, Eoures tirerait son nom de Eure-Uourre, signifiant chêne vert, cependant, chêne vert aurait aussi été appelé Eusièro.

L’étymologie la plus acceptable pourrait être la suivante : autrefois, les collines d’Eoures se trouvaient entièrement recouvertes de lierre, soit : Uourre, Eouré, Eoures. De plus, un écrit concernant le clocher actuel cite la Vierge : « les mains jointes, le regard levé vers le ciel, Notre Dame du Lierre, prie pour nous… »

Si le village d’Eoures se distingue par ses sous-bois, sa pittoresque campagne, il n’en est pas moins resté fidèle aux anciennes traditions, aux délicates nuances. Il est doté d’une église émouvante et fanée, imprégnée de nostalgie et de la douceur délicate des charmes du passé. Un passé bien plus lointain que l’on pourrait songer, puisque la sacristie a conservé les restes de l’édifice primitif. Passé plus récent, avec son église actuelle qui possède encore ses statues, ses cristaux, ses peintures murales.

Si l’église d’Eoures s’est toujours distinguée par de remarquables crèches, c’est après la Libération que fut instauré par l’abbé Muttini, le Crèche à la Lumière Noire.

Une souscription devait être lancée pour l’achat des santons, et chaque famille se fit un honneur et un devoir d’en réaliser le sien.

L’abbé Muttini avait pour devise : « A chaque année, son chantier ! »

Après le campanile électrique, ce fut le tour du chauffage central. Les kermesses étaient nombreuses, elles permettaient de contribuer aux transformations de l’église.

Grâce à son talent de musicien, le prêtre offrait de splendides offices, la troupe artistique organisait des tournées. Cependant, en 1959, après le départ de cet abbé fort dynamique, la fameuse Crèche noire allait être perdue.

Une nouvelle crèche fut mise en place. Elle était au départ de bien moindre valeur, pourtant, en 1975, elle allait prendre un nouvel essor, une plus grande importance. Un moulin devait y être construit, puis d’autres maquettes prirent place, représentant avec exactitude les habitations d’Eoures et de ses environs.

Un travail de titan s’imposait pour ce chef-d’œuvre. Les constructions furent réalisées à partir des éclats de pierre de Cassis, les toitures recouvertes de véritables tuiles en argile d’Aubagne. Une toiture compte environ trois cents à quatre cents tuiles, il faut environ une heure de travail pour la fabrication de quinze tuiles de ce genre…

Admirée chaque année par des centaines de visiteurs, la Crèche d’Eoures s’abrite dans un havre de paix et de sérénité.

Remarquable témoignage du passé, cette divine demeure est, je pense, l’incontestable point de jonction entre la terre et les portes du Paradis.

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