Claire Barbotine

Mira'Belle Spiritu'Elle

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Signes particuliers : vit à Beaulieu-sur-Mer, aime barboter dans l’eau, faire des collages, prendre des photos, écrire, voir des films au cinéma, et rêve de rencontrer celui avec qui elle aura envie de faire de la poterie (juste pour vivre une fois dans sa vie la scène de « Ghost », avec le sosie de Patrick Swayze !!).

L'illustration de Claire Barbotine a été réalisée par Olivia Franceschi, graphiste illustratrice originaire de Haute-Corse.

Et voici la nouvelle qui parle de Claire : « La plage des Fant’Hommes… »

Blog : Heart’istic Concept

Autres articles :

 

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Par Claire Barbotine, l'une des 3 Mira'Belles Spiritu'Elles ! 

Cet article est illustré par la vidéo « I'm Free », que vous pouvez (re)découvrir en cliquant sur le titre.

 

« On ne lit pas et on n’écrit pas de la poésie parce que ça fait joli. Nous lisons et nous écrivons de la poésie parce que nous faisons partie de la race humaine ; et que cette même race foisonne de passions. La médecine, la loi, le commerce et l’industrie sont de nobles occupations, et nécessaires pour la survie de l’humanité. Mais la poésie, la beauté et le dépassement de soi, l’amour : c’est tout ce pour quoi nous vivons.

 

Écoutez ce que dit Whitman :

                         Ô moi ! Ô vie !... Ces questions qui me hantent, ces cortèges sans fin d’incrédules,

                         ces villes peuplées de fous. Quoi de bon parmi tout cela ? Ô moi ! Ô vie !

 

Réponse : que tu es ici, que la vie existe, et l’identité. Que le spectacle continue et que tu peux y apporter ta rime. Que le spectacle continue et que tu peux y apporter ta rime... Quelle sera votre rime ? ».

 

Ainsi parle John Keating (alias Robin Williams) dans le film « Le cercle des poètes disparus ». S’adressant à ses élèves, il cite Walt Whitman, un poète et humaniste américain qui aurait beaucoup influencé les symbolistes français.

 

John Keating est un professeur de littérature faisant son entrée dans une institution scolaire des plus austères des Etats-Unis. Ce qu’il cherchera à partager avec ses élèves ne figure dans aucun manuel : c'est l'amour de la vie et de la liberté, la passion et le désir de s'exprimer sans aucune contrainte. Bien sûr, sa méthode sera dérangeante et occasionnera son renvoi. Pourtant, à la fin du film, lorsque Keating passe prendre ses effets personnels, ses élèves, tristes de le voir partir et révoltés par cette injustice, se mettent tous debout sur leur bureau en scandant ces mots :

 

                      « Ô Capitaine ! Mon Capitaine » : titre de l'un des plus célèbres poèmes de Whitman, écrit en réaction à l'assassinat d'Abraham Lincoln, et qui est devenu le poème emblématique du film.

 

Cette citation et la scène finale de ce film (que vous pouvez revoir en cliquant ici * !) m’inspirent les réflexions suivantes :

 

Pour quoi vivons-nous ?

Qu’est-ce qui peut bien donner un sens à notre existence ?

Comment trouver toujours le désir de se dépasser, pour faire en sorte que le spectacle continue, pour apporter notre rime à une vie qui, si l’on y réfléchit, est vouée à se terminer, tôt ou tard…

Absurdité de la condition humaine.

C’est ce que décrit Camus en revisitant le mythe de Sisyphe, dont le sort illustre bien le cercle infernal de la quête permanente.

Et oui, les dieux ont condamné Sisyphe à rouler sans cesse un rocher jusqu'au sommet d'une montagne, et à chaque fois, à deux doigts d’atteindre le sommet, le rocher lui échappe et roule vers le bas, entraîné par son propre poids.

 

Pour Camus, « Sisyphe est le héros absurde. Il l'est autant par ses passions que par son tourment. Son mépris des dieux, sa haine de la mort et sa passion pour la vie, lui ont valu ce supplice indicible où tout l'être s'emploie à ne rien achever. C'est le prix qu'il faut payer pour les passions de cette terre »…

 

Pourtant dit-il : « Son destin lui appartient. Son rocher est sa chose ».

Et, laissant Sisyphe au bas de la montagne, il conclut ainsi :

« La lutte elle-même vers les sommets suffit à remplir un cœur d'homme »…

 

Remplir son cœur, vivre avec passion, dire oui à la vie et au désir de se dépasser, telles sont les clés si l’on veut, comme Sisyphe, mettre la mort hors d’état de nuire…

Thanatos, Dieu de la Mort, a d’ailleurs un frère jumeau : Hypnos, le sommeil.

 

De quoi voir sous son vrai jour cette société de con-sommation qui nous somme d’être cons et de nous endormir sur nos lauriers, comblés par tous ces produits de substitution mis à notre disposition, sans aucun effort à fournir !!

Frénésie d’achat qui ne laisse plus aucune place au manque. Ni au désir.

Et quand il n’y a plus de désir, plus d’envie, la pulsion de vie s’éteint.

Eros versus Thanatos.

Pulsion de vie contre pulsion de mort.

Puisque l'homme est habité par ces pulsions contraires, il doit apprendre à les connaître et les faire cohabiter pour un jour arriver à trouver la paix.

 

Que dire alors de ces tiraillements entre Eros et Thanatos lorsque se rajoute la condition d’insularité ? Sont-ils plus présents, voire plus prégnants ?

 

Parce que naître et vivre sur une île engendre parfois un certain mal-être, un mal de vivre et une mélancolie certaine, qui peut s’accentuer lorsque l’on s’en éloigne, pour un temps plus ou moins long… Ce sentiment diffus qui envahit l’esprit, ce « tourment de l’ailleurs », cette souffrance, le philosophe Jean-Toussaint Desanti la nomme « ubiquité symbolique », comme aime à le rappeler Pierre-Paul Battesti en évoquant son texte « Effacer la mer ».

                                             

C’est d’ailleurs ce texte qui sera à l’origine du colloque : « Îles, expression de l'imaginaire », qui s'est tenu en Corse-du-Sud les 2 et 3 juin 2007. Ce colloque a ensuite donné lieu à la création de l'association ISULA VIVA *, dont les actions sont orientées vers le fait insulaire dans toute sa diversité.

 

Isula. Une île, encerclée par la mer.

La mer, celle qui, selon Jean-Toussaint Desanti « sépare et engloutit ».

Viva. Vive, vivace, vivante. Quand elle se met en action pour justement « Effacer la mer ».

 

Quant à l'ubiquité, elle symbolise la faculté d'agir et en même temps d'avoir du recul par rapport à une situation. On l’associe également au merveilleux, à l’imaginaire. L'ubiquité, encore appelée « omniprésence », est aussi la capacité d'être présent en tout lieu ou en plusieurs lieux simultanément. Le terme est dérivé du latin « ubique » qui signifie « partout ».

 

Vivre sur une île engendrerait donc une distanciation et une conscience accrue en même temps que l’action. Et l’expression d’un imaginaire trouvant dans l’insularité matière à une belle créativité.

 

Pour preuve, cet ensemble d’œuvres qui défilent sous vos yeux en même temps que vous entendez ces mots : « I’m Free », libre, je suis !!

Telle une ode à la vie, à l’émotion et à la liberté d’expression.

 

Alors oui, le spectacle continue et chacun est libre d’apporter sa rime...

Insularité rime donc bel et bien avec Créativité.

Et de cette magie créatrice opérant à travers différents modes d’expression,

Naissent des vibrations à l’image de ces créateurs, et de leur inspiration, heart’istic !

 

Claire Barbotine *

Mira'Belle Spiritu'Elle *

 

Note : L'image illustrant cet article est une autre des belles oeuvres signées Dumè Reginensi, qui lui aussi le dit : "I'm Free" !!

 

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