La une du mois de Juillet 2020

 

L’été s’annonce très chaud et l’hiver très froid. On nous a dit tellement de choses à propos du virus que l’on

peut légitimement se poser des questions.

L’Homme a toujours essayé, dans son histoire, de deviner son futur. Fin du monde, voitures volantes, robots…

certains imaginaient la civilisation humaine d’une grande sagesse à la pointe de la technologie et de la

médecine, d’autres l’imaginaient telle qu’elle est aujourd’hui : avec des guerres, des catastrophes écologiques…

La science-fiction est-elle inspirée de la réalité ? Ou est-ce que la réalité s’inspire de la science-fiction ?
De nombreux auteurs ont, à l’époque, prédit des innovations, des découvertes encore inconnues à l’époque.

Jules Vernes avait parlé par exemple de l’énergie nucléaire dans son œuvre 20 000 lieues sous les mers (1870)

alors que le premier réacteur jamais inventé et utilisé date de 1942.
Ray Bradbury dans Fahrenheit 451 (1953) parle de « petits objets » semblables à des « coquillages » ou des

« dés à coudre » que l’on placerait dans nos oreilles pour ne pas voir et ne pas penser au monde extérieur,

ce qu’on pourrait assimiler aujourd’hui à nos écouteurs.

Notre planète va-t-elle devenir « Dune » ?
Nous vivons une période de sciences fiction, les pages s’écrivent chaque jour et les responsables politiques doivent connaitre l’incertitude du lendemain.

En France les changements de pieds sont quotidiens, c’est navrant de constater combien nos femmes et hommes politique essayent de faire comme s’ils dirigeait quelque chose.

Aujourd’hui nous pouvons regarder réagir en grandeur nature l’humanité se débattre dans cette attaque virale qui bien entendu frappe mortellement les plus faibles, les pauvres, les personnes âgées…

De nombreux auteurs ont prédit des innovations, des découvertes encore inconnues. Jules Vernes avait parlé par exemple de l’énergie nucléaire dans son œuvre 20 000 lieues sous les mers (1870) alors que le premier réacteur jamais inventé et utilisé date de 1942.

Pour Frank Herbert, il n'y a pas de planète plus inhospitalière que Dune. Partout des sables à perte de vue. Une seule richesse : l'épice de longue vie, née du désert, et que tout l'univers achète à n'importe quel prix. Richesse très convoitée : quand Leto Atréides reçoit Dune en fief, il flaire le piège. Il aura besoin des guerriers Fremen qui, réfugiés au fond du désert, se sont adaptés à une vie très dure en préservant leur liberté, leurs coutumes et leur foi mystique. Ils rêvent du prophète qui proclamera la guerre sainte et qui, à la tête des commandos de la mort, changera le cours de l'histoire.

Cependant les Révérendes Mères du Bene Gesserit poursuivent leur programme millénaire de sélection génétique ; elles veulent créer un homme qui concrétisera tous les dons latents de l'espèce. Tout est fécond dans ce programme, y compris ses défaillances.

Que sera demain, les entreprises pharmaceutiques rivalisent de communications afin de doper leur trésor. Aucune solidarité, aucune alliance dans ce défit mondial de la recherche d’un antiviral !

A moment où la France du confinement prend des allures angoissantes et surréalistes, il faut relire le roman de Robert Matheson, « Je suis une légende », où vampires et survivants s'ancrent dans une irréelle réalité.

Pour Pierre-Antoine Marti doctorant en histoire, EHESS, Sidération générale et villes mortes ou presque, brusque exode urbain, crainte des pénuries, et cette menace lancinante d’un virus invisible qui chaque jour fait davantage de dégâts… la France du confinement prend des allures angoissantes et surréalistes. Dans les médias et jusque dans nos échanges quotidiens, nombreux sont les témoignages qui comparent la situation à « un (mauvais) film de science-fiction » : il s’agit pourtant bel et bien de notre nouveau quotidien. Mais il est vrai que les spéculations anticipatrices ont bien souvent exploré le thème de l’épidémie. Beaucoup considèrent Mary Shelley comme la mère de la science-fiction moderne grâce à son Frankenstein : dès 1826, dans une œuvre justement intitulée le Dernier Homme, elle imaginait une peste ravageuse frappant l’humanité à la fin du XXIe siècle, jusqu’à ne laisser sur la surface de la Terre qu’un seul être humain en vie.

 

Depuis le développement dramatique du Covid-19 en Europe, on voit se multiplier un peu partout les références SF censées avoir préfiguré la crise actuelle, qu’il s’agisse de films comme Contagion (Soderbergh) ou l’Armée des 12 singes (Gilliam), ou de romans comme le Fléau (King). La radicalité avec laquelle ces fictions mettent en scène ces épidémies, bien plus meurtrières que celle que nous affrontons actuellement, en dit long sur l’effroi latent que suscitent de tels épisodes. Et, dans le même temps, elles contribuent à nourrir les psychoses : combien sont aujourd’hui, dans un coin de leur tête, hantés par les scènes apocalyptiques de films catastrophe hollywoodiens ? Qui a eu l’occasion de traverser les avenues désertées de nos grandes villes a peut-être pensé au personnage de Robert Neville, interprété par Will Smith, dans Je suis une légende (2007), arpentant un New York à l’abandon et dont il demeure le dernier habitant humain après une pandémie foudroyante : tous les autres sont devenus des « infectés », sortes de zombies hostiles ne vivant que de nuit. S’il serait malheureux de voir dans cette fable de science-fiction une image de ce qui nous attend, elle peut nous donner matière à penser pour éclairer le moment incongru que nous traversons.

 

Supporter le vide des heures

Le roman dont est tiré le film éponyme a été écrit par Robert Matheson et publié en 1954 aux Etats-Unis. Ce n’est pas à New York mais à Los Angeles que son Robert Neville est engagé dans une inlassable lutte solitaire contre ceux qu’il appelle les « vampires » et qui chaque soir, la nuit venue, viennent le harceler autour de sa maison barricadée. Pour mieux supporter « le terrible vide des heures », il écoute Beethoven, Brahms ou Mozart, absorbant une quantité déraisonnable de whisky : certainement pas un exemple à suivre en période de confinement. Entre deux expéditions diurnes consacrées à l’extermination des vampires endormis, Neville se remémore les étapes de la pandémie qui ont conduit à la disparition de l’espèce humaine et médite sur les soubresauts de l’histoire. « Comme il est facile d’admettre l’invraisemblable, avec un peu d’habitude », observe-t-il en songeant à sa présente condition. Cette réflexion, peut-être serons-nous amenés à nous la faire aussi après quelques semaines de mise à l’arrêt –et même plus tard encore.

C’est l’un des bienfaits de la science-fiction que de nous faire expérimenter l’inconcevable à travers les personnages et situations mis en scène dans des récits qui testent parfois les frontières les plus insoupçonnées de la réalité. Or, in fine, il arrive que la réalité ne soit pas réaliste : c’est ce que nous vivons tous aujourd’hui, et pas en tant que lecteurs ou spectateurs. Le vertige, l’incompréhension, viennent probablement du fait que nous avons tendance à confondre « réaliste » et « rationnel » : l’histoire ne suit elle pas une certaine logique ? Les événements ne forment-ils pas une trame ? Il apparaît actuellement que non, même s’il peut coûter de l’admettre. L’horizon d’hier, auquel nous nous attendions, ou résolvions, semble se dissoudre sous nos yeux, et nous voici désemparés dans cet intervalle incertain, avant que d’autres attentes ne se reconfigurent.

Avouons aussi notre désarroi à constater que cette histoire que nous, humanité, pensons forger, dont nous nous voulons les maîtres, s’échappe d’entre nos mains a priori par la faute de ces (pensait-on) dérisoires pangolins. A l’instar de Robert Neville, nous sommes en train d’assister à une légende –improbable fiction– en train de se faire histoire –expérience vécue.

Le jour d’après... le tour de force magistral du roman de Matheson, qui lui donne une vertigineuse dimension philosophique, réside dans son retournement final (d’ailleurs largement trahi par le film de 2007). Pour assurer sa survie, Robert Neville s’acharne pendant des années à éliminer méthodiquement les vampires, et à chercher à comprendre les causes de la pandémie qui a totalement « vampirisé » l’humanité. Il est finalement capturé par ses ennemis. Ces derniers s’attellent activement à mettre en place une « nouvelle société », une société dont l’homme serait absent. Neville, ultime représentant de la vieille espèce, comprend alors qu’à leurs yeux, il représente le mal absolu : il pensait exercer son bon droit, il n’était qu’un boucher sanguinaire. « Je suis une légende », telle est sa dernière pensée avant de se faire exécuter en public face à une foule de vampires dont il viendra longtemps tourmenter la mémoire, au même titre que les monstres merveilleux de jadis tourmentent la nôtre. Le héros déchu incarne métaphoriquement le passage d’une civilisation à l’autre, de l’ancien au nouveau monde.

En pleine crise générale entraînée par le Covid-19, de nombreuses voix se manifestent pour appeler à envisager la société qui viendra alors que le virus sera maîtrisé. Le président Macron l’a clairement exprimé dans son discours du 16 mars dans une formule forte qui fait d’ailleurs curieusement écho au film-catastrophe éponyme : « Le jour d’après, quand nous aurons gagné, ce ne sera pas un retour au jour d’avant. » La question se posera de savoir si nous reviendrons aux anciennes normes, fussent-elles ajournées, ou si nous en inventerons de nouvelles. Où se niche la « légende » de demain : dans la parenthèse d’exception que nous traversons, ou dans les mécanismes qui ont accompagné son apparition ? Légende, ces applaudissements pour saluer le dévouement du personnel de santé ? Légende, les hommages appuyés aux employés de l’ombre, caissières et caissiers, livreuses et livreurs, transporteuses et transporteurs, agents publics, qui permettent au pays de tenir debout ? Et ces poissons revenus nager dans l’eau claire des canaux de Venise, et ce surprenant « effondrement » auquel nous assistons en parallèle à celui du cours des Bourses : celui des niveaux de pollution ?

Il y a les futurs écrits dans les livres de science-fiction, et il y a le futur qui adviendra et qui, aujourd’hui particulièrement, est ouvert, et attend nos présentes actions et volontés, et pourquoi pas, même, un peu de nos rêves. Beaucoup nous invitent à (re)lire aujourd’hui la Peste, de Camus, comme un compagnon pour nous éclairer en temps de pandémie. De l’auteur, c’est la célèbre formule du Mythe de Sisyphe que je me permets de paraphraser ici pour conclure : il faut imaginer les vampires heureux.

Pierre-Antoine Marti doctorant en histoire, EHESS

 

Le point de Jean-François Delfraissy sur le Covid-19 en France

Présent sur le plateau de BFM TV ce matin, Jean-François Delfraissy a fait un état des lieux de l’épidémie du coronavirus en France et met en garde la population. Selon lui, les derniers chiffres sont "inquiétants" depuis quelques jours et la situation sanitaire est sur "une ligne de crête". "Le confinement a fait baisser de façon très important la circulation du virus mais il ne l'a pas arrêtée" rappelle-t-il. Pour ce dernier, la France peut "basculer" à tout moment même si "aucun indicateur n'est vraiment au rouge". En revanche, le président du Conseil scientifique a de nouveau rappelé que l’hypothèse d’une seconde vague durant l’automne est toujours d'actualité. Selon Jean-François Delfraissy, la disparition du virus ou son installation chronique sur une longue période sont deux hypothèses possibles mais moins réalistes qu'une "vraie deuxième vague, arrivant du sud, pour octobre, novembre, décembre." Pour faire face et surtout pour éviter ce scénario, les questions sur les gestes barrières et les tests ont également été abordées. Les tests rapides pourraient offrir une meilleure capacité à prévenir "mais pour l'instant on ne les a pas" explique le président du Conseil scientifique. Sur le port du masque obligatoire dans les lieux clos, la règle sera désormais respectée car elle a ce caractère "obligatoire". En revanche, Jean-François Delfraissy souhaite également que les choses aillent plus loin en demandant, comme la directrice de l'ARS Grand Est, "d'arrêter les embrassades" pour éradiquer la transmission du virus.

La Une de juillet 2020 :

1/ Dupont-Moretti

2/ Trump et la Covid

3/ Fabrice Bonardi

4/ Corse : non à la France ?

5/ oumma.com

6/ Barbara Pompili

7/ L'hydrogène naturel

8/ Quenza et la G

9/ ZNIEFF de Piana

10/ Air Corsica : luc Bereni

11/ Zachary Richard

12/ Vice : Hong Kong

13/ Maison des fous chez Astérix

14/ Navajos et corona virus

La une du mois de juin :

1/ La Covid au Québec

2/ Mercedes et la batterie électrique (les nouvelles voitures...)

3/ Emmanuel Macron a persisté dans l'erreur

4/ U Levante : lettre ouverte 

5/ Pierre Mattei : "vers une saison dégradée"

6/ Richard Bellamy

7/ Via Stella : le virus en Corse

8/  Rihla : son rôle dans le voyage interculturel et interconfessionnel 

 

 

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