Mardi 16 avril 2019 à 21 heures, salle de spectacle Marinca Porticcio la troupe

Les Kruels se produisait devant un public dense.
La salle était pleine ce mardi pour voir jouer 6 Hamelet(s) : Aurélie Argot,

Caroline Cousin, Luc Elineau, Marie-Ange Fanton, Thomas Leca, Lisa Servas.
Régisseur : jean Fanton d'Andon
Auteur et Metteur en scène : Rémy Tenneroni.
Le pitch est celui-ci : « Hamelet, questionné depuis ses déboires familiaux par le sens

de la vie, revêt ici six visages afin de comploter une immersion dévastatrice au pays de

la Consommation de Masse. Voix universelle, en plus de singer les acteurs du marché,

il porte un regard acerbe emprunté d'une tristesse volée à des enfants d'un autre temps

qui eux n'auraient pas bradé l'amour, la tendresse et la poésie pour les soldes.

Bienvenue donc dans la torpeur, la frénésie d'un vendredi noir de monde, un fameux

joue de Black Friday... Vivants mais morts ! »
Cette jeune troupe après Flamme, Et vous quelle mort êtes-vous ? Propose, l'homme

défiguré qui donc la deuxième création de la compagnie « les Kruels » dirigée par

Rémy Tenneroni. Il nous explique qu'à 20 ans il a commencé à être clown à Toulouse,

avant d'intégrer une école d'art dramatique à l'age de 30 ans à Marseille...

De là débute sa carrière professionnelle qui le ramène en Corse à travailler aujourd'hui

avec la structure « le Rond-point » en partenariat avec l'association Per a Pace.
La pièce dure un peu plus d'une heure et si elle se déroule en saynètes, il n'y a pas

d'actes... tout se joue comme dans la vie, dans la durée, mais ce n'est pas une pièce

moraliste comme nous explique K, Rémy Tenneroni, le metteur en scène et auteur.

C'est avec passion qu'il nous explique sa référence à Antonin Artaud et son théâtre de

la cruauté où intervient le Black Friday que l'on traduit justement par le « vendredi fou »,

période de l'année que nous avons connue en France il y a peu de temps. A cette

période on voir la folie s'emparer de la population « acheteuse » qui cherche à réaliser

des affaires sans se préoccuper des autres. La folie est donc au rendez-vous, on voit

des gens se faire piétiner se battre pour ces objets sans intérêts pour eux ce que l'auteur veut montrer au public, la pièce montre le dédain, le cynisme de l'humain pour l'humain, dans une société qui consomme déjà plus ce que la planète peut lui offrir. K nous montre très bien ce processus et nous fait réfléchir, même si « tous les capitalistes ne sont pas des nazis »...

Malgré tout, cet univers est vivifiant, tant les acteurs sont magnifiés par leurs actions et la mise en scène...
La compagnie va se diriger pour jouer cette pièce (en français) en Serbie, à Belgrade et ainsi porter haut les couleurs de la créativité théâtrale corse hors de nos frontières maritimes et va revenir pour d'autres présentations, nous vous avertirons.
Pierre-Paul Battesti

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