La une de Mars - Avril... 

 

"Il s'est passé en Corse des évènements importants que notre "Une" retrace et va retracer tout au long d'ailleurs des mois à venir.

Des élections qui a vu se conforter la place des "nationalistes" corses, et une confiance qui leur est faite pour réaliser la jonction des 2 départements en un seul tel que cela a été dans le passé." (janvier 2018)

C'est ce que j'écrivais il y a 2 mois, depuis, notre Président est venu en Corse... Nous l'attendions...

Il a tenu à imposer son style, sa faconde habituelle et une dose de parisianisme.

Le drapeau corse absent ? Pour certains, il aura mieux valu plutôt que de le voir sali par la présence de Chevennement... était-ce un signe, un avertissement des années "Bonnet" ?  Une volonté de montrer que la France et son gouvernement peuvent se raidir et  montrer leur force comme dans la ZAD ou à la SNCF... (www.lemonde.fr ; www.lefigaro.frouest-france.fr)  
La Corse en a vu d'autres et ne se laissera pas influencer. Comme bien des régions françaises, d'ailleurs, qui commencent à se demander à quelle sauce parisienne elles vont être mangées. 

Notre ami Hervé Kempf signale les manquements "hors la Loi" des actions de démantèlement des occupants de la ZAD... sur LCI, cela laisse augurer de la suite des évènements, ici et ailleurs...

Gageons que les gouvernants sauront comprendre que les mentalités changent et évoluent. Que de se braquer et passer en force ne fait que susciter un retour de la panique nationale.

La France est peu à l'écoute de sa population, elle estime que c'est l'Etat qui fait la Nation, pour nous, corses, nous pensons en grande majorité le contraire. La Nation fait l'Etat, personne n’a jamais vu l’Etat, il n’existe que parce qu’il est pensé. La Nation a plus de corps et s'appuie sur une réalité populaire. Elle est ce que la Corse a fait de mieux, comme bien des îles, ou de petits pays, ouverte et confiante...

« Personne n’a jamais vu l’Etat. Qui pourrait nier cependant qu’il soit une réalité ? La place qu’il occupe dans notre vie quotidienne est telle qu’il ne pourrait en être retiré sans que, du même coup, soient compromises nos possibilités de vivre. Nous lui prêtons toutes les passions humaines : il est généreux ou ladre, ingénieux ou stupide, cruel ou débonnaire, discret ou envahissant. Et, parce que nous le tenons pour sujet à ces mouvements de l’intelligence ou du cœur qui sont le propre de l’homme, nous dirigeons vers lui les sentiments que, d’ordinaire, nous inspirent des personnes humaines : la confiance ou la crainte, l’admiration ou le mépris, la haine souvent, mais parfois aussi un respect timoré où une atavique et inconsciente adoration de la puissance se mêle au besoin que nous avons de croire que notre destin, pour mystérieux qu’il soit, n’est pas abandonné au hasard. De même que l’histoire de l’État résume notre passé, son existence dans le présent nous paraît préfigurer notre avenir. Cet État, il nous arrive de le maudire, mais nous sentons bien que, pour le meilleur comme pour le pire, nous sommes liés à lui.

Et cependant l’observation des phénomènes concrets ne nous révèle rien qui permette d’appréhender sa réalité. Nous voyons des gouvernants, des services, des territoires; nous voyons des règles et il nous suffit de les enfreindre pour connaître de la façon la plus tangible, sous les traits du gendarme et du juge, l’autorité dont elles sont investies. Nous voyons aussi sur les cartes le pointillé des frontières, et, quand bien même les douaniers seraient débonnaires, nous constatons, dès que nous les avons franchies, que nous ne sommes plus “ chez nous ”. Ce sentiment nous fait sentir notre allégeance,. mais il ne nous en indique pas l’origine et la portée.

Dans tous ces faits, il y a sans aucun doute des signes qui sont autant d’approches conduisant à l’État. Mais aucun d’eux isolément, ni leur addition ou leur synthèse, ne constitue l’État.

Il n’est ni territoire, ni population, ni corps de règles obligatoires. Certes, toutes ces données sensibles ne lui sont pas étrangères, mais il les transcende. Son existence n’appartient pas à la phénoménologie tangible; elle est de l’ordre de l’esprit. L’Etat est, au sens plein du terme, une idée. N’ayant d’autre réalité que conceptuelle il n’existe que parce qu’il est pensé. »

[Georges Burdeau, L’Etat, Paris, Éd. du Seuil, 1970, pp. 13‑14.)

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Pierre-Paul Battesti

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