Philippe Pierangeli

 

 

 

 

 

          Photographe

Formateur au 8 studio Scamaroni 20000 AJACCIO

Intervenant à l'Università di Corsica

Formateur, Consultant à Spéos Paris Photographic Institute

A étudié le Cinéma à UQAM - Université du Québec à Montréal

  Les zéros sociaux

 

 

Ne vous fiez pas au titre, c’est un faux…

Je sais ce que je risque pour faux et usage de faux, une lourde peine et une amende conséquente. Dissimulé derrière l’insignifiant signifié d’une volontaire mauvaise liaison ou d’un mauvais jeu de mots, comme vous voulez, je pensais passer incognito et ainsi éviter les foudres de la censure, mais le risque est trop grand, alors je ne le prends pas et mieux vaut vous parler, des héros sociaux.

Car  les billets et les mots ne nous envoient plus en prison ou au bagne comme avant, lorsque nous critiquons  désormais les nouveaux rois, les nouveaux princes et plus souvent les nouveaux valets, et ils sont nombreux les valets ! Le pouvoir n’est plus dans sa tour d’argent ou dans sa forteresse… Il est dans nos smartphones , dans nos messageries, dans les réseaux sociaux. Il s’y est glissé là, comme un rapace, à observer de son œil et de sa vue perçante, le moindre geste et déplacement de la pensée et plus modestement de nos comportements, et sans la moindre hésitation, y fondre pour assouvir son appétit grandissant.

Car parlons-en de la pensée. Faut-il être intelligent pour penser ou pour faire action de penser. On pourrait croire que oui, on pourrait croire qu’il faudrait être décoré de tous les diplômes, bardés là, plastronnés qu’ils sont sur le poitrail du costume du savoir. Et pourtant….à entendre les stupidités, les idioties d’un grand nombres de ces généraux,  de ceux qui croient savoir et peut-être pire encore, du silence des intellectuels… je me dis que la Pensée se fait de plus en plus rare.  Serait elle traquée ? serait elle en voie de disparition cette espèce endémique à l’homosapien ?  Aurait elle déserté ? Trop souvent absente, à de rares exceptions prés, de la scène médiatique, elle a pourtant tenté de migrer vers des espaces qu’elle croyait protégés... les réseaux sociaux, et libre comme l’air, se  déplaçant au gré des mots, au gré du vent elle a tenté d’y vivre.  Mais ce n’était qu’une illusion. A peine a t elle atterri, le temps de faire son nid et d’y donner naissance à sa progéniture, que la voilà agressée, attaquée de toutes parts. Alors elle repart contrainte d’abandonner le fruit de ses entrailles. S’en suit une période trouble, la guerre fait rage, mais les combattants de ce nouveau territoire ne veulent pas capituler et prennent les armes, se construisent de nouveaux refuges et tentent de semer de nouvelles idées sur les terres brûlées. Un peu d’eau, un peu d’air frais et voilà l’herbe qui repousse, et les blés qui ondulent, ceux que l’on croyait terrassés renaissent, leur nombre augmente sans cesse, rejoins par de nouveaux arrivants, le territoire s’étend.

Ouf ! il s’en est fallu de peu, on aurait pu tout perdre. Retranché là haut sur son pic, le rapace observe à loisir s’agiter les mulots et autres petits rongeurs. Parfois blasé par ces maigres festins, il songe à de plus gros gibiers et serait bien tenté de fondre sur l’un d’eux, mais l’attaque le mettrait en péril, alors à l’ombre de son plumage et pour l’instant, il est encore possible de penser….

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