Delphine Alliens

 

            "Je te regarde parce que tu ne me vois pas."

Membre du Collectif FACTO et ALBA

2018 Première de couverture du magazine d'art Artmajeur avec le Collectif ALBA

2009 Cours de modèle vivant Croix Baragnon Toulouse

2009 BTS Communication Visuelle, Lycée des Arènes Toulouse

1997 Licence des Sciences du Langage, UTM Toulouse

Après 2009 Formation autodidacte

Je pense que la peinture s’est imposée à moi comme un outil. C’est l’échos de mes pensées.

Je puise mes inspirations autant dans la scène artistique contemporaine que classique. Mon travail est construit sur les impressions que je ressens et que je retranscris. Je ne prends aucun modèle pour mes visages, mais ils sont la plupart à échelle 1 comme autant d’autoportraits inconscients, peu importe le genre, l’expression, ils sont je pense à la fois moi et autrui.

La série Corpus a été réalisée sur l’année 2018, fusain, encre et gaze chirurgicale. Je voulais créer un état de grâce d’un corps en sursis, d’un corps marqué par les stigmates et les mémoires de souffrances morales et physiques.

Cette série a été réalisée au moment de la maladie de mon père. J’ai retranscris une réalité que je trouvais absurde par une abstraction poétique de son corps. Cette série est une forme d’écriture abstraite où le trait raconte et poétise la réalité. La gaze chirurgicale est le pansement qui représente ma personne en tant que tout. Elle n’est d’ailleurs pas sur toutes les représentations en fonction des étapes vécues. Elle marque un tournant sur ma façon d’appréhender mon travail, de conceptualiser plus mes productions même figuratives et de construire des séries. C’est une série où je devais être seule dans la pièce pour exécuter ce travail, une présence autre que la mienne n’était pas possible, j’avais besoin de sacraliser ce trait afin de rendre compte de mon émotivité. Exposé au salon Artempo au Quai des arts, ce

travail a reçu un très bon accueil du public.

Les formats sont en moyenne 116/89 cm avec une tendance à peindre sur des surfaces de plus en plus grandes. Celle que je réalise en ce moment est sur toile nue (pas de châssis). Je l’ai commencée cet hiver, elle sera exposée dans une future résidence d’artistes située à Revel. C’est un projet amené par Joël Bardeau avec qui je réalise la série Très Pontifices de notre collectif ALBA.

Il peut m’arriver de peindre tous les jours mais je ne suis pas régulière, par contre j’observe et je rêve, et je dessine idées, morceaux de corps, visages ou des abstractions tous les jours. Une toile est souvent liée à une musique que j’écoute en boucle afin de me concentrer. En général, avant de commencer une toile ou de continuer un travail , j’ai besoin d’avoir un moment de décompression qui est pour moi une façon de me mettre en concentration active, musiques, lectures, dessins rapides sur carnets. Puis je pose mes bases et fondations sur la toile, des lignes directives pour délimiter un espace qui peut être amené à évoluer, rien n’étant strict ou défini. Il y a toujours cette idée de construction-déconstruction tout au long de mes travaux, ils vivent et évoluent avec moi. Une

toile peut naître de 1 à 3 mois en moyenne. Comme je vous le disais, certain visages peuvent apparaitre un temps, j’ai eu besoin d’eux à un moment donné mais je n’ai aucun scrupule à les retirer si j’estime qu’ils ne font plus partie du travail. Ils ont apporté une contribution importante mais non définitive. J’ai en général plusieurs travaux en cours. J’ai besoin de travailler à la fois des dessins rapides au fusain et des toiles de plus grands formats. Je passe de l’un à l’autre car souvent une

difficulté est comprise et débloquée par l’autre. Ces deux aspects sont complémentaires et indissociables.

J’ai une passion pour les visages, ce que j’aime dans l’exécution d’un visage est la faculté de pouvoir trouver ce qu’il a de plus émotionnel et humain. Je recherche une parfaite imperfection, une beauté qui donnera vie et caractère au visage, quelque chose d’essentiel, d’unique, une beauté au delà du beau, l’idée que vivre sans ce regard n’est plus possible. J’ai ce besoin de créer un lien d’amour dont on ne peut plus se passer à mesure qu’on se sent pris par ce regard

jour après jour.

Influences: Bacon , Picasso, Camille Claudel, Toulouse-Lautrec, Bernard Buffet, Klimt, Egon Schiele Soulages, Vincent van Gogh, Adrian Ghenie, Vivian Maier, L’agence Magnum, Vladimir Velickovic (que j’ai rencontré lors d’une rétrospective aux Abattoirs à Toulouse, inoubliable)… la liste est longue, j’ai sélectionné ces quelques artistes pour leur qualités d’observation, leur classicisme, leur œil du cadrage, leur puissance du trait et des émotions, leurs cris et leurs silences.

Delphine Alliens

Régie Publicitaire

    Vous avez aimé nos articles ? Faites un don pour nous encourager à continuer !

© 2016 par "ISULAVIVA" (c)