Docteur Edmond Simeoni

 

Voir la bio en entier

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

             Militant de la Corse

 

 

Ses articles :

Un nouveau MEDIA

Corse : la résilience en marche

Corse : 4 statuts de couche culotte

Corsica : les bourgeons de vie 

Bayer et Monsanto ligués

Corse : les chantiers de l’espoir

 

Après un très long et difficile parcours collectif, on a suffisamment de recul et aussi de mesure, de sagesse, pour se retourner, voir le chemin parcouru et, simultanément pour scruter l’horizon, y voir les promesses des aubes naissantes sans mésestimer les nuages, tenaces, les menaces locales mais aussi généralisées qui pèsent sur l’humanité, comme la persistance et même l’aggravation des conflits, la famine, la surpopulation qui s’amorce et surtout le dérèglement climatique dont les dirigeants du monde ne semblent pas avoir réellement pris la mesure, la gravité et l’urgence ; en dépit de Conférences Internationales –les COP- à grande médiatisation et dont les effets sont trop momentanés et donc volatils.

Dans notre petit paradis, insulaire donc confiné, restreint, nous avons eu et nous avons encore, naturellement, notre lot de préoccupations et d’espérances. Il y a quatre-vingt ans, la Corse était assoupie, totalement corse, dans sa substance, dans sa culture. Faute de pouvoir être un acteur de poids de l’évolution du monde, elle engrangeait, à la marge, les succès et les progrès généraux de l’humanité, subissait les vicissitudes dont les guerres, toujours tragiques et tout particulièrement celle de 1914-1918 qui nous a saignés, nous a amputés de nos forces vives  et le conflit mondial de 1939-1945 qui a bouleversé l’humanité.

La Corse, essentiellement rurale, s’est vidée, a dépéri et a peu profité des Trente Glorieuses  en France -1945 à 1975- ; nous avons manqué, une fois de plus, le train de la modernisation, de l’industrialisation, du développement économique et commercial ; nous avons donc subi plus que choisi un système de gestion politique, archaïque, de répartition partisane et de gestion de la pauvreté, de verrouillage de la moindre initiative de progrès : le système claniste, incapable d’épouser le siècle, rouillé, a démocratique s’est enraciné dans un seul objectif : sa propre survie, fier d’être la courroie de transmission d’un l’Etat – avec son corollaire, la soumission servile- Etat qui n’a jamais témoigné un intérêt soutenu pour la Corse, réduite au rôle de réservoir d’hommes pour les guerres et les fonction publique métropolitaine et coloniale.

Le réveil  insulaire s’est matérialisé par les premières luttes économiques et fiscales dès 1962, puis politiques dès 1964  - création d’Arritti-, suivie par la création de l’Arc en 1967. Dès lors, le départ était donné pour un processus d’émancipation qui s’est diversifié, élargi, enraciné avec la création de formations politiques, d’associations, de groupes culturels qui ont imposé un Réacquistu salvateur ; cette phase est insuffisamment connue et valorisée alors qu’elle a été déterminante pour aviver les luttes, entretenir l’espoir, renforcer la résistance, créer des liens, épouser l’avenir. Après les Boues Rouges en 1973 et Aléria en 1975, est né le FLNC en Mai 1976 qui a porté, avec la violence clandestine, la revendication indépendantiste. La Corse a connu des convulsions, des polices parallèles – Barbouzes de Francia- et Bastelica-Fesch en 1981- trois statuts différents, des Justices d’exception….Plus de 10.000 attentats !!! Depuis, 1981, le peuple corse a subi   près de quatre décennies supplémentaires  de luttes, de souffrances, de drames, de destructions, sans que l’Etat ait changé d’un iota sa politique coloniale, amorcé la moindre réforme significative ou affaibli son soutien au système claniste, gardien féroce d’un statu quo qui préservait son pré-carré, ses prébendes, ses passe-droits, ses illégalités et donc sa pérennité.

Le véritable basculement est intervenu avec la chute de la Citadelle de Bastia- réputée imprenable- qui a été conquise démocratiquement, de haute lutte par des nationalistes –autonomistes-- et des forces de progrès, rassemblés. Séisme – relatif- et consternation dans le landernau des certitudes clanistes et étatiques, toujours et encore liguées. Immense force donnée à la contestation nationaliste, injection de l’espoir aux Corses de l’île et de la diaspora, tous enfin convaincus que la victoire était possible, certaine dès lors que la lutte responsable et déterminée, de toutes les forces d’émancipation, convergeait. Bastia a commencé à respirer normalement donc à vivre ; paisiblement, dans une démocratie réelle et une transparence affirmée et réalisée…Incontestées.

La Chute de la Citadelle claniste de la CTC, inimaginable et impensable, est devenue réalité en Décembre 2015, grâce à la coalition des nationalistes, autonomistes et indépendantistes, coalition  permise par le renoncement – une décision politique majeure- à l’emploi des armes par le FLNC en Juillet 2016.

Séisme beaucoup plus fort – toujours relatif- que celui de Bastia, plus significatif, plus répercuté en France continentale, dans l’Union Européenne et au-delà, dans la diaspora  et chez les innombrables amis de la Corse. La mise à plat publique du système claniste, sans excès ni violences, a révélé l’étendue et la gravité des dysfonctionnements financiers, sur lesquels l’Etat avait volontairement fermé les yeux malgré les mises en garde répétées de la Chambre Régionale des Comptes, les jugements constants du Tribunal Administratif, surtout en matière d’urbanisme. La remise en ordre de l’Institution, de ses outils, l’apurement du passif s’effectuent sans ruptures, sans excès, dans la transparence, le respect des personnels et du dialogue, omniprésent. Pas de chasse aux sorcières ! Pas de copinage, pas de passe-droits. La Collectivité, la Ville d’Ajaccio qui l’héberge et au-delà la Corse, sont rassurées ; elles respirent mieux. La réforme, réfléchie, mesurée, maîtrisée, est en cours avec le double souci de la démocratie et de l’efficacité économique, dans le respect de l’éthique et de l’équité.

Les premiers combats ont été bien menés par la CTC et ses dirigeants actuels( Transports maritimes- en souffrance depuis des décennies et repris par des Entreprises corses, sous la houlette de l’OFFICE des transports-, Déchets, Crise des Jardins de l’Empereur ) ; les échanges avec l’Etat, et le gouvernement malgré les refus de  celui-ci sur des revendications fondamentales, sont responsables ;  les contacts internationaux sont sérieux ( Sardaigne, Malte, Catalogne, Etats Unis, Ecosse, UE….).

Tous les dossiers lourds sont à l’étude et, dans certains cas,  les premières mesures ont été adoptées : tout d’abord dans la préparation de la Collectivité Unique- dialogue avec tous les acteurs salariés, syndicats…- , dans le domaine aérien avec Air Corsica,, la création de l’Agence Foncière, l’Adec devenue réellement opérationnelle comme l’Agence de l’Urbanisme, l’ATC qui prend enfin le problème du tourisme dans sa globalité, les Offices –OEHC, ODARC, Office de l’Environnement- sont très actifs. Les Arrêts Miot font l’objet d’une attention particulière, en liaison étroite avec le « Collectif des Arrêtés Miot »

La CTC est très présente notamment dans le domaine de la ruralité, de la précarité, de l’étude des Sports et de la Santé publique ; le dialogue et la concertation sont les moyens permanents de confronter les analyses, d’adopter des stratégies convergentes, de rechercher des synergies ; on le voit bien pour la mise en place des Intercommunalités, les échanges dans le domaine, majeur, de la Sécurité civile, les contacts fréquents avec les Chambres consulaires, le monde économique, culturel…

Nous avons tous que la Corse  est malade de ses dysfonctionnements graves, quasi séculaires,- affectant surtout le développement économique, trop  inégalitaire,  la gestion, l’éthique, la démocratie-, malade de ses retards économiques et de l’inadaptation totale de ses institutions – Il n’y a pas, actuellement, d’autre choix concret, réaliste que l’Autonomie Interne dans le cadre de la RF  et de l’Union Européenne, devenue enfin fédérale.

Mais il faudrait une singulière cécité ou une mauvaise foi totale pour nier les atouts majeurs de la Corse – richesses humaines et naturelles exceptionnelles, épargne conséquente, diaspora fidèle-, pour ne pas constater que la société bouge dans tous les domaines, que la Corse a repris espoir, que la jeunesse s’implique chaque jour davantage, que la création culturelle est foisonnante, que les projets fleurissent ; que le rapprochement entre familles politiques, adversaires d’hier, prend naissance, que les initiatives de convergence, -notamment dans les Intercommunalités- et, l’esprit de responsabilité dans la crise de de déchets, signent le recul des idées d’antagonismes artificiels et la recherche de plateformes d’unité. Oui, après la léthargie pré-mortem qui a duré plus d’un siècle, la résilience de la société corse, si chère à Boris Cyrulik, est en marche.

 

« Tamanta Strada hè stata fatta ma ferma un longu passu pè appacià a sucietà custrui una cità muderna, libara, più ghjusta, aperta, più fraterna. U fiume va sempre à u mare ; maï  ùn volta ver di a so surgente, in d’è e cime.

Nunda un pudarà più para a mossa di  populu corsu ver di a libertà.

 

Docteur Edmond Simeoni   Aiacciu le 8 Novembre 2016

Régie Publicitaire

    Vous avez aimé nos articles ? Faites un don pour nous encourager à continuer !

© 2016 par "ISULAVIVA" (c)