Pierre-Paul Battesti

 

Vit à Calcatoggio

 

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Né en 1957 au Canada à Montréal

 

 

 

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De Harlem à la Corse

« Mes amis m’appelaient Jésus Christ car je portais ma peinture comme une croix.»

 

Dès 16 ans Jonone graffe dans les quartiers défavorisés de Harlem, très vite il signe Jonone, suivi de 156, le numéro de sa rue.

En ce mois de mai, il a élu résidence en Corse grâce à l’envie de Christophe MILLANT et de son

ami Jean-pierre PINELLI responsable du luxueux hôtel cinq étoiles La Villa et passionnés d’art contemporain. Plaisir personnel certes, mais aussi pari peu évident de faire découvrir un style bien particulier à Calvi et aux chanceux de passage, jusque fin juin.

Onze toiles vont arriver tout droit de Paris rejoindre celles qui sont déjà exposées dans tout l’hôtel, « un bel échange » comme le qualifie JONONE, qui a exposé au Grand Palais très récemment.

Il est étonnant de croiser aux détours de promenades calvaises, un artiste aux allures de Jean-Paul BASQUIAT, à la démarche nonchalante et chaloupée, toute en rythmes et vibrations comme ses toiles. Là, il s’assoit, entend une voix, regarde la mer frémissante et inspiré sort de son cabas un carton à dessins, ses feutres, ses doigts alors s’agitent et donnent vie à une future œuvre qui ornera bientôt les plus grands musées. C’est ainsi que lui vient l’inspiration, elle ne lui manque pas.

« Je suis fier d’être insulaire » dit-il.

Originaire de Saint-Domingue, il a à peine dépassé les 50 ans et il a rencontré la Corse en 2006, « je ne la connaissais pas du tout, mais à 23 ans quand je suis arrivé à Paris j’ai squatté chez GIGI, une très belle jeune femme brune, qui travaillait dans le stylisme pour MODINO et Jean-Paul GAUTHIER. Nous étions toute une bande chez elle avec JOEY STARR,  KOOL SHEN et bien d’autres, elle avait un caractère trempé pour avoir le leadership sur une bande de tels mecs. J’ai dormi là parterre pendant près d’un an, elle était corse et avait un grand drapeau de la Corse dans son salon !

A cette époque nous allions taguer les murs de Paris dans le pur style Hip Hop, entre rap et break danse ».

« Le graff a été pour moi une manière de tourner la page et de devenir quelqu'un d'autre, d'être plus libre ».

La liberté ressurgit dans toutes les toiles de JONONE, celle qui prend avec ses pinceaux, comme il le faisait avec ses bombes dont les jets reflétaient ses états d’âme. Il ne s’accorde aucune limites dans ses peintures, l’espace entier de la toile est utilisé, sa palette de couleurs est riche et vive, les formes s’entremêlent, se libèrent, se courbent puis se raidissent.

« Je me demande comment les gens ici vont apprécier le style urbain de ma peinture, les vibrations de mon travail. J’apprends beaucoup de l’échange, c’est vraiment profitable pour moi comme ces couleurs, le vert qui est constant ici et le bleu qui vient en confrontation. Mon inspiration c’est la culture latine, le sang, tout est sang, j’apprends comme mes marches dans le GR20, par étapes. » Il avoue et son visage grimace, « moi je suis tellement têtu que je ne lâche jamais l’affaire ». Quand on lui demande ce qu’est que le graffiti idéal pour lui, il répond : « C'est un graffiti qui reste. En fait si on a commencé à vendre des toiles de graffes c’est qu’on en avait assez de l’éphémère et de nous laisser dans la rue, notre travail a une valeur et cela a été une façon de le faire reconnaître. Mon but c’est avant tout le partage c’est ainsi que mon travail peut continuer à grandir… si l’on croit en moi. »

Il explique son bonheur de rencontrer les artistes corses et de rejoindre en 2013 le Festival d’Art Contemporain de Corse et ajoute avec force :

« Mon projet est de créer un Musée JONONE… en CORSE… c’est ça mon projet ! »

JONONE

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