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Né le 16 septembre 1912 et très bien conservé !

 

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L'empire des diktats contemporains

 

On vit une époque épique, mais souvent opaque, où différents diktats informels exercent sur les individus les pouvoirs contre lesquels ils s'étaient élevés. Religieuses, humanistes, culturelles ou autres, les valeurs qui fondent ces diktats, censées libérer l'individu de sa nature animale, n'ont pour véritable effet que de l'éloigner du bonheur, voire même des menus plaisirs que la vie peut délivrer parfois. Au point que l'on vit dans un monde culpabilisant, où se soumettre à un diktat devient une caution affichée pour s'affranchir du regard collectif. Fumer, c'est mal ; manger, peut le devenir ; multiplier les relations sexuelles ou humaines reste malsain ; ne pas avoir de relations cache un problème ; boire dissimule un malaise...

Sans parler des égarements dans les divers comportements illicites dits addictifs. XXI siècles pour en arriver là. A culpabiliser de ne pas avoir la même réussite visible (parce que l'apparence sursoit au réel) que son voisin, son frère, son patron. A jalouser, à envier, à convoiter. Parce que chacun doit réussir au moins autant que ceux qu'il côtoie et dans tous les secteurs.
"Alors, on zappe" comme ne dirait pas Stromae. On zappe le boulot qui ne gagne pas assez, on zappe l'éducation des enfants qui peut prendre du temps, on zappe son couple parce qu'il y aurait de l'eau, de l'alcool et du lait maternel dans le gaz...

A comparer les téléphones, l'humain se transforme en produit de consommation, calquant son fonctionnement sur leurs cycles de vie. Nos grands-parents les réparaient et les conservaient, nos parents attendaient leur fin de vie et les remplaçaient, notre génération attend deux ans et change de portable parce que le produit n'est plus assez performant. Ainsi, les couples explosent, tous, les uns après les autres, de plus en plus nombreux suivant ce sacro-saint diktat qu'il est indispensable que tout fonctionne au mieux. On ne cherche pas à colmater, on ne cherche pas l'assurance qu'il n'y a plus rien à tenter, on zappe. Frénétiquement. Deux ans, c'est suffisant. Le forfait est accompli.
Puis d'autres diktats se greffent et la vie se complique, culpabilisante, surtout dans les réflexions de celles et ceux qui s'imposent des privations, même si l'affichage sur les réseaux sociaux sourit sa face de profil au monde."Tu ne vas pas sortir jusqu'à pas d'heure, ce n'est plus de ton âge"... "et tes enfants ?"... "Tu bois encore ?"... "Elle couche avec tout le monde"...

Bref, tout ce que l'on peut entendre.

Finalement, pour bien s'en tirer, il faudrait se Jean-Jacques Goldmaniser et "vivre sa vie par procuration", pour que d'autres (la) vivent à notre place. Et dans cette époque épique contemplative, s'érigent encore des graduations, que vous soyez homme ou femme. Parce que pour une femme, c'est pire, surtout si elle a des enfants, surtout si son mec s'est barré, surtout si... tout ce qu'on veut. Et oui, au quotidien, notre société nous rappelle même en amour, que la femme donne (la vie, le sein, l'amour) et que l'homme prend (femme, du plaisir, ses distances, son temps).
Notre belle époque engendre donc, sous un couvert pathétique de bien-pensant, des dizaines de milliers de vies dépourvues de bonheur, des centaines de milliers de personnes droguées aux plaisirs éphémères et culpabilisants et, finalement, une majorité d'entre nous, toi, moi, ton voisin, en véritable "survie émotionnelle", dans un monde insensé, au moins aussi déréglé climatiquement, qu'en pertes de repères économique et social. Ce monde en partage qui devrait pourtant être le nôtre. Ha, pardon, souriez, vous êtes sur un réseau social.

 

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