Marie-Agnès Artaud

 

Vit à Limoges, Thérapeute sociale.

 

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Charles Rojzman
Analyse des violences lors des récentes manifestations à la lumière de la Thérapie sociale

Les agissements violents, relayés par les médias ces derniers temps , ceux  de la police et ceux des casseurs , lors des diverses manifestations contre la loi Travail , ne laissent personne indifférent.  Les réactions sont diverses : soutien ou rejet, dénonciations, violences en retour ou violences d’anticipation..

Chacun tente , avec une argumentation plus au moins bien étayée, de justifier son point de vue…. qui risque fort d’être dicté par l’appartenance sociale (le fameux « de là où tu parles » de Bourdieu)  Mais il devient évident , si l’on creuse un peu , que ce n’est qu’un point de vue, qui en laisse bien d’autres dans l’obscurité , et que ce sont justement ceux là qui donnent les clés d’une compréhension plus fine de ce qui se passe actuellement..

Il est évident que les situations politiques , les rapports de force, les enjeux sont différents suivant les époques, les contextes nationaux et internationaux.

Mais le travail que je fais en Thérapie Sociale, avec Charles Rojzman, me fait  me poser la question de la relation entre nos réactions , nos opinions et notre propre rapport à la violence et à l’autorité.

Ce travail de Thérapie Sociale m’a donné envie d’explorer cette question de la violence contre le pouvoir , contre les gouvernants à la lumière de notre propre rapport à l’autorité ,celle que nous avions subie enfants , de la part de nos parents , de nos enseignants , de tous ceux qui constituaient une figure d’autorité. Bien souvent, ces figures d’autorité nous ont infligé (consciemment ou le plus souvent complètement inconsciemment ) des blessures dont nous ne nous sommes pas remis et qui nous agissent à notre insu, lorsque nous interagissons avec nos contemporains; notamment lors de périodes de crises , qui exacerbent notre sensibilité et nous poussent à des agissements violents qui nous paraîtraient inconcevables dans une situation calme.  «  Nous pouvons voir qu’il y a un lien très intime entre la violence que nous avons subie et la violence que nous reproduisons ». (1) .

 

 Les violences sociétales créent des conditions qui vont nous faire revivre ces blessures d’enfance; et nous entraîner à  réagir avec une violence proportionnelle à l’incompréhension des mécanismes qui nous agissent à notre insu.Mais il me semble que ces violences vont être proportionnelles également à la perception que nous avons du pouvoir : plus nous avons le sentiment que le pouvoir fait  preuve d’autoritarisme, d’arbitraire , qu’il ne laisse pas de  place au dialogue , et que la maîtrise de ce qui nous arrive nous échappe, plus cela entraîne en réaction, une augmentation des violences ;on voit dans les manifestations, resurgir les autonomes, les casseurs . « La violence, sous toutes ses formes , est le moyen destructeur que nous avons élaboré pour nous défendre » (1)

 

Dans un système comme le système français , étatique, jacobin, nous avons certainement tendance à attendre beaucoup, voir tout de l’Etat, qui doit combler nos besoins, remédier à nos manques (comme le ferait une « bonne mère ») ; faute de quoi, nous le diabolisons, et nous nous victimisons,  sans vouloir voir notre propre responsabilité, nos propres erreurs , sans nous remettre en question.

Et se remettre en question n’est pas une mince affaire ; car nous ne savons tout simplement pas comment faire ..Comment faire la part de ce qui nous appartient , de ce sur quoi nous pouvons agir, en changeant notre vision de notre rapport aux autres , à ce qui nous « arrive » . Cela demande « de prendre conscience des propagandes intérieures qui ont été forgées par notre éducation et les événements traumatiques de notre vie » (1) . Cela implique donc que nous soyons conscients de la nécessité de travailler sur nos blessures pour les reconnaître et les soigner. Et à plus long terme, revoir toutes les bases de l’éducation qui est donnée aux enfants afin qu’elle respecte leurs besoins fondamentaux de respect, et de sécurité matérielle et surtout affective.

 

(1) Savoir Aimer en des temps difficiles.: les 3 combats » Charles Rojzman et Nicole Rothenbühler . Guy Trédaniel  éditeur

UD

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