Liliane Vittori

 

Vit à Erbalunga et à Porri di Casinca, journaliste

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Née à Bastia, et je suis journaliste (télévision et presse écrite). Corse avant toute autre définition, j’ai beaucoup voyagé mais mon village reste le port d’attache et la réponse à toute question existentielle. Parce que chaque été, à Porri-di-Casinca, nous reformons le grand cercle de famille, dans cette île notre « Matre universale ».

 

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Jean-Felix Avquaviva « u capitanu », élu de la Corse « île-montagne » et conscience politique augmentée.

 

A la tribune d’un colloque international sur le transport aérien à Palma de Majorque ou les pieds dans la coulée de boue des inondations de Furiani : Jean-Felix Acquaviva Conseiller Exécutif maire de Lozzi est un élu de la Corse "île-montagne". Perspicace et tous terrains, il est porteur d'une conscience politique augmentée. Président du Comité Massif et de l’Office des Transports, il est aussi à l’aise en mer qu’en montagne, pour traiter des questions du littoral comme celles du rural. Lors de cette année 2016, il a réalisé un travail de titan, magistral symbole des nouvelles politiques publiques de la Corse désormais gérée comme une « île-montagne ». 

 

Dans le Niolu,  les Corses sont venus massivement pour soutenir l’opération Assises de la Montagne. 

 

Il faut d’abord saluer la mobilisation immense, à son initiative, de la quasi totalité des élu-es du rural insulaire lors des Assises de la Montagne de novembre 2016. Tous unis pour ressusciter en faveur de la Corse un « Comité Massif », entité prévue par le Statut Jospin de 2002 mais jamais activée. Des élu-es de toutes convictions politiques, coopérant désormais autour du projet de statut «île-montagne »c’est du jamais vu ! Outre le volet fiscal prioritaire, discuté en février à l’Assemblée de Corse, il faut mentionner aussi l’actuelle enveloppe de continuité territoriale, en excédent et qui sera, en partie, affectée à ces territoires. Des avancées que l’on n’osait même pas imaginer en rêve… avant la victoire des autonomistes aux Territoriales de 2015. A ce propos Edmond Simeoni évoque les réalisations du nationalisme « qui ont brisé le sarcophage séculaire de l’aliénation ». 

Côté mer, s’ajoutent à ces victoires, les prémices de la future « compagnie maritime régionale », après décantation et pulvérisation des tortueux obstacles juridiques hérités du passé, y compris ceux de l’U.E. Plus, toujours au crédit de J.-F. Acquaviva (et de l’ATC et des Affaires européennes) : les accords de coopération économique entre transporteurs et professionnels du tourisme des Baléares, de Sardaigne, de Corse, de l’Ile de Malte

Plus ses déplacements multiples récemment à Folleli, Furiani et Borgo après les inondations, et à Sisco (Cap Corse) en soutien d’urgence aux agriculteurs privés de leur Association Foncière Pastorale (AFP). 

La mise aux normes européennes de la Corse.

 

Le parcours et l’action politique de Jean-Felix Acquaviva incarnent l’impulsion politique du Conseil Exécutif, équipe présidée par Gilles Siméoni, ultra présente et opérationnelle en Corse, à Bruxelles, à Paris, en Méditerranée. Dans la« plus proche des îles lointaines », tout observateur politique de terrain ne peut que confirmer la métamorphose en cours. A savoir la mise aux normes européennes d’une île qui a subit depuis 250 ans, tous les aléas de la colonisation et de la dépossession économique. 

Jean-Felix Acquaviva salue cette mutation : « Cette année 2016, je la qualifie d’intense, en regard de notre travail et de l’actualité politique avec les évènements qui la jalonne. Le tournant du transport maritime est historique. C’est intense aussi humainement, avec les rencontres des acteurs de terrain. On le vit et on le ressent dans la sincérité des relations de proximité. La diversité de la société corse est passionnante. Il y a aussi le moteur politique, on est au coeur de la capacité à changer le pays dans tous les domaines. On traduit nos idées dans les faits et malgré la fatigue, c’est extrêmement motivant. »

Est-ce comparable à d’autres moments politiques dans le monde et dans l’histoire ? « On évolue au coeur d’une période particulière, que l’ont peut qualifier, soit de révolution dans le sens de transformation, soit de période d’après-guerre. Le changement est tel, que tout est possible dans la reconstruction. De nouveaux horizons s’ouvrent dans les manières de penser et d’agir, qui ont balayé les tabous, les non-dits et ce, bien au-delà de notre camp politique. Nous ne sommes pas dans une tour d’ivoire mais nous allons au contact, c’est un mouvement collectif et la réussite ne peut être que collective. C’est viral ! »

Lors des Assises de la  Montagne dans le Niulu, J.-F. Acquaviva avait déclaré: « 60 à 70% de notre territoire ne peut pas être laissé pour compte, l'ambition et l'état d'esprit qui nous anime est celui d'un plan Marshall ! (*) ». Si le soutien des territoires ruraux n’est encore qu’un concept en attente de concrétisation, le Président du Comité Massif visualise sur 5 ans les projets et leurs financements pour enfin « briser la spirale de la désertification de la montagne corse. » En ligne de mire, non pas l’obtention de fonds temporaires et volatils mais « une enveloppe stable, pérenne, spécifiquement dédiée pour concrétiser des projets dans le temps au bénéfice de l'intérieur, en lieu et place d'hypothétiques reliquats. Le schéma d'aménagement du Comité Massif n’est pas l'alpha et l'oméga mais un outil pour impulser un cercle vertueux ». 

Lors de ces Assises de la Montagne à Corscia, Lozzi et Casamaccioli, le Président Gilles Simeoni avait aussi affirmé, en présence du sous-Préfet de Corte : « la montagne corse est à la croisée des chemins nous sommes à un point de convergence. La présence de l’Etat l'atteste. L'essentiel est notre volonté commune de travailler ensemble. Mais c'est aussi cette volonté politique qui est celle de toutes ces femmes et tous ces hommes pour qui il ne peut y avoir un avenir si la montagne n'est pas développée. »

En France , les Massifs Montagneux couvrent 1/4 du territoire pour 10 millions d’habitants. Soit 1 commune sur 6 et de nombreux parcs naturels régionaux (24 sur 51). En Corse, sur la dorsale nord-sud, se trouvent les massifs du Cintu, du Ritondu, du Monte d’Oru, du Renosu, de Bavella-Cuscionu, de l’Ospedale-Cagna plus un peu décalés Tenda, San Pedrone, Pianu Maggiore. Soit 336 communes sur 360, intégrant la loi Montagne et/ou la loi Littoral. Dans l’île-montagne : 100.000 habitants résident dans ces villages enclavés. Le fort déclin des activités pastorales et rurales créent des disparités socio-économiques insupportables. La montagne désertifiée cumule les handicaps. En 2009, en Corse, 161 communes en zone montagne sont à moins de 10 hab./km2. Il faut 1 heure de trajet  (souvent 1h1/2) pour rejoindre Ajaccio ou Bastia, contre 30 minutes en moyenne sur le continent pour rallier les pôles de référence administratifs. Même constat désolant pour les services publics, la santé, la culture, l’emploi, l’entreprise. 

Les montants sollicités par la Corse ont obligé la France à racler ses fonds de tiroir pour abonder des structures qu’elle avait elle-même crée. De plus, la politique « île-montagne » initiée par le Conseil Exécutif, l’Office des Transports et le Comité Massif, vise à obtenir de la Commission Européenne, la renégociation de l’article 174 du Traité Européen de Lisbonne.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Afin de préciser les politiques publiques des îles montagne et installer une zone fiscale dédiée.  L’expérience de double gestion mer et montagne a modifiée la vision de J.-F. Acquaviva : « c’est une jolie réconciliation, un vaste espace de  construction qui avait été délaissé jusqu’à aujourd’hui avec des capacités financières et réglementaires non exploitées du fait de la non-volonté politique. Le statut « île-montagne » désormais reconnu permet d’adapter les dispositions de politique générale donc les règlements dans tous les domaines: économie, environnement, santé, éducation, tourisme, fiscalité ». L’article 8.bis, reconnait la Corse comme un territoire « île-montagne » cumulant des contraintes. En février sera discuté à l’Assemblée de Corse, le schéma opérationnel de développement de protection de la montagne incluant ses missions dont la zone fiscale prioritaire et ses premières adaptations dès 2017.

Dont un abattement des taxes sur le foncier bâti et des exonérations (10 ans) pour les contribuables créant ou exerçant des activités industrielles, artisanales, libérales en zone de Montagne, via le FNADT (Fonds national d’aménagement du territoire en Montagne, une remise à niveau de 8 millions d’€. Et le FEDER MASSIF (Fonds Européen de développement économique régional) prévoit 10 millions d’€ annuels pour la Corse. Jean-Felix Acquaviva indique : « Dès 2017, pour les services publics et les institutions, la reconnaissance du statut île montagne, permettra de rehausser le FNADT au niveau du Jura ou des Vosges, équivalents à la Corse en surface. Ce fonds octroie à ces massifs, 7 à 8 millions d’€ par an alors que la Corse ne bénéficie que de 200 000 €. Autre axe: la renégociation sur le FEDER MASSIF, fonds structurel européen qui corrige les déséquilibres. Cela signifierait pour la Corse 10 millions d’€ pas an. Ces 2 fonds réunis, FNADT ET FEDER MASSIF, généreraient des entrées de 80 millions d’€ en 5 ans pour financer les services publics, les infrastructures, l'économie, le tourisme, l’agriculture de montagne. Cela ouvre la voie à la remise à niveau de la Corse, privée de comité de massif depuis longtemps. »

Jean-Felix Acquaviva symbolise en Corse, cette surcapacité des cerveaux humains insulaires à faire de la politique de terrain, à synthétiser des données politiques complexes, à créer des concepts innovants, comme du temps de la période Paoline. Comme si cette île-montagne, une petite planète, pouvait induire une forme de conscience politique augmentée, en phase avec la configuration naturelle du pays réel une île-montagne. Jean-Felix Acquaviva, est maire de Lozzi (1044 m d’altitude) une des cinq communes du Niulu. Une zone de montagne mythique proche du Golo et du lac de Calacuccia, et dominant la mer tous azimuts « vaste batholite de roches magmatiques et volcano-plutoniques, incomparable cirque glaciaire culminant avec le Monte Cintu à 2 706 mètres. ». Élu mer et montagne épatant et doté d’une clairvoyance remarquable, J.-F. Acquaviva avoue que l’année 2016 lui a valu le retour d’une surnom familial. « Vous savez en Corse dit-il, on donne des surnoms. Mon père et mon grand père étaient « u capitanu » et cela vient de loin. Maintenant dans mon village, on me dit « u capitanu on sait pourquoi ! ». 

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