Liliane Vittori

 

Vit à Erbalunga et à Porri di Casinca, journaliste

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Née à Bastia, et je suis journaliste (télévision et presse écrite). Corse avant toute autre définition, j’ai beaucoup voyagé mais mon village reste le port d’attache et la réponse à toute question existentielle. Parce que chaque été, à Porri-di-Casinca, nous reformons le grand cercle de famille, dans cette île notre « Matre universale ».

 

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"Pluralité de l’information: création du Club de la Presse Corse adhérent de l’UPC2F.

 

Assises du Journalisme à Tours qui chaque année pendant 3 jours devient capitale éphémère de l’information et des médias. 

Présidé par Thierry Pardi, rédacteur en chef des magazines Méditerranéo de France3Corse Via Stella et créé à l’initiative de Pierre-Paul Battesti, le Club de la Presse Corse a adhéré à l’Union des Clubs de la Presse France et Francophonie (UCP2F) lors de son AG à Tours et en marge des Assises du Journalisme (14-17 mars 2017). 

 

Pierre-Paul Battesti conseiller en communication à Ajaccio, anime Media.Corsica et réalise « Les Mâtinales Psychanalytiques ». Il a lancé à Ajaccio un festival d’art contemporain et la publication de journaux scolaires. 

« Espace de dialogue privilégié dit-il, pour les journalistes, les communicants, les photographes, vidéastes et les dessinateurs de presse : le Club de la Presse Corse regroupe quatre collèges représentatifs et des partenaires issus d’horizons divers. Nos objectifs ? Réunir des journalistes de la région Corse, des correspondants français et étrangers en poste en Corse, en Méditerranée ou dans leur pays d’origine, pour des actions communes, en faveur de l’éthique de la profession, pour resserrer les liens d’entraide et d’amitié entre les adhérents et favoriser les échanges avec les acteurs de la vie publique ». 

Cette création d’un club de la presse en Corse fait figure de micro-événement en parallèle des Assises du Journalisme de Tours, mais c’est néanmoins un pas considérable en faveur de la pluralité de l’information en provenance de la Corse et de la Méditerranée. Et ce, dans une ville, qui chaque année pendant 3 jours devient capitale éphémère de l’information et des médias. « Le Salon du Livre » et « Les Assises du Journalisme » y sont organisées par Jérôme Bouvier (Journalisme et Citoyenneté) et Marc Mentré (ancien rédac chef La Croix) du 14-17 mars. Se souvenant de leur première édition en 2007 (avant la déferlante Facebook, Twitter, YouTube, « Brut » et « Now This »), ils ont titré l’édition 2017 : « (S’)informer dans dix ans ? ». A Tours, des auteurs et des journalistes d’investigation, des créateurs de start up, des étudiants en journalisme, des éditorialistes retraités mais toujours passionnés par ce métier, ont échangé avec des community-managers, des observateurs du fact-checking, des doyens de la presse, des directeurs de rédactions et des développeurs de podcasts. Outre l’avenir de la profession et le futur des marques et des grands groupes de presse : on a focalisé sur la perte de confiance (en chute libre) des citoyens vis-à-vis des médias, sur le pouvoir de Google et des algorithmes et sur un terrible pronostic. Il est probable que, bien avant 2027, les canaux d’infos omnipotents seront FaceBook, Twitter et YouTube…ou leurs successeurs. Faut-il s’en désoler ? Et regretter l’époque archaïque du secret et de la connivence, savamment dosée, entre politiques et journalistes ?

Edwy Plenel fondateur de Médiapart l’a redit à Tours devant une salle conquise : « le journaliste est au service du droit de savoir du citoyen. La démocratie ce n’est pas seulement le droit de vote mais c’est comprendre, choisir en connaissance de cause. ». Un journalisme de conviction(s) et de vérité(s), restera-t-il le socle indestructible de la démocratie et le moteur d’une profession en pleine mutation ? « Le grand bouleversement ». Lors de ces Assises du Journalisme, une centaine d’intervenants, des remises de prix (), des conférences, des workshops se sont succédés dans un Centre des Congrès Le Vinci, transformé en joyeux forum de l’initiation aux métiers de la presse et des médias. Partout des mini-plateaux de radio et de télévision animés par de jeunes apprentis journalistes et au milieu de la cohue inter-générationnelle, signant son livre, donnant des interviews devant une forêt de smartphones, voici le plus visionnaire d’entre eux : Edwy Plenel fondateur de Médiapart. Ce média participatif reste un modèle journalistique, souvent copié via des versions nettement moins démocratique. Son modèle économique reste unique et sans équivalent à ce jour… mais environné désormais par de nombreux outsiders et d’ambitieux « média alternatifs » et pure players rêvant d’avaler tout cru leurs concurrents.

Dont « LesJours.fr », « Cfactuel », ou « TheConversation » (un participatif international de la presse scientifique) et « Explicite » présenté par le grand reporter Olivier Ravanello. Démissionnaire de I-Télé, il est la tête pensante de ce nouveau concept de média immersif et participatif dédié l’actualité à chaud. Des milliards de laboratoires (dans toute les langues de la terre) tentent de se faufiler et de survivre dans le giga maelstrom stratosphérique de l’information supervisé depuis la Silicon Valley (Californie) par la galaxie Google. A Tours on a écouté ici et là, Claude Angeli (haute-figure historique du Canard Enchaîné), Laurent Mauduit de Médiapart pour « Main basse sur l’information », Ludovic Blecher de DNA Google Innovation Fund, Michelle Leridon directrice de l’information de l’AFP, Pierre Haski (Rue89), Céline Pigalle directrice de la rédaction de BfmTv, Gérard Bardy Président de l’Association de la Presse Francophone, Anne-Claire Coudray (TF1), Laurent Guimier Directeur de FranceInfo. Il planait sur ces journées un sentiment d’urgence et aussi d’émerveillement face à l’engouement des jeunes pour le métier de journaliste. Alors qui va séduire les investisseurs… ou réduire sa masse salariale puis disparaître ? Qui va développer le bon concept journalistique en restant indépendant ?

Evoquant la mode des « vidéo informatives sous titrées » et les flux d’infos « de plus en plus chauds et rapides », non vérifiés, non contrôlés, faciles à consommer, Franck Annese, jeune patron de SoPress prédit: « dans dix ans, l’information de masse ultra-personnalisée, sera délivrée selon nos goûts, gratuite et financée par les annonceurs. Elle sera moins vérifiée, moins indépendante. Elle réduira notre curiosité à néant, les algorythmes ne nous servirons, que ce à quoi nous nous intéressons déjà ! ».

Qui ? Quand ? Où ? Pourquoi ? Géolocalisés et augmentés, titulaires ou précaires, en immersion ou hors-sol : comment vivront les futurs journalistes (et leurs réseaux ) dans ce monde si vital de l’information en 2027, ce « brouillard d’informations volatiles », ce bain numérique quotidien ? Quelle sera la configuration de l’information de notre planète connectée dans un futur pas si lointain mais déjà là ? FaceBook, Twitter, Google, YouTube et leurs clones en réalité augmentée, seront-ils les canaux privilégiés ou auront-ils été remplacés par d’autres applications ? L’accélération des innovations technologiques et éditoriales, le pouvoir des GAFAs annonce, sans nul doute possible, « le grand bouleversement » pour les titres de presse et les supports multi-écrans et multi-médias, les applications « trends », « youtube » et « google »etc. Comment s’informer, diffuser, exister, naviguer, détecter le vrai du faux dans ce qui est devenu un cerveau global et collectif ? Le numérique fait exploser les codes de la profession et des rédactions, les grandes marques de référence certes mais aussi les modèles économiques et bien sûr les préférences et les habitudes du client final et de ses réseaux. 

Peut-on avancer la thèse de la disparition de la profession de journaliste remplacé par un être encore indéfini, médium de lui-même, qui publiera et réagira en ligne en pensant « je suis média »? Comment faire la différence entre promotion, censure, intoxication, manipulation, désinformation et information? Jusqu’ici la télévision n’a pas tué le cinéma et l’internet n’a pas tué le livre ou la presse papier… mais jusqu’à quand ?

Dans une configuration avancée, les flux d’informations vont-ils annuler la distance entre objet et sujet de l’info, la distance entre journaliste professionnel et client ? Jérôme Bouvier secrétaire général de Journalisme & Citoyenneté : « Que signifie confiance quand d’obscurs algorythmes régulent nos flux d’information? Que l’on nous menace de ne plus distinguer entre fake news et informations dans l’ère orwelienne de la post-vérité ? ». 

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