Jean-Pierre Rumen

Vit à Bastelicaccia

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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C à vous : Jean Lassalle provoque un fou-rire avec une anecdote sur les ours

 

TÉLÉVISION / VIDÉO - Mercredi soir, la deuxième partie du talk-show de France 5 était entièrement consacrée à la présidentielle avec la venue du député pyrénéen.

Durant plus de 20 minutes, en direct sur France 5, Jean Lassalle a répondu aux questions des journalistes de France 5 à quelques heures du premier tour de la présidentielle. Face à Anne-Sophie Lapix, Patrick Cohen, Anne-Elisabeth Lemoine, Maxime Switek et Pierre Lescure, le député des Pyrénées-Atlantiques a pu exposer son programme et exprimer ses convictions

Personnalité atypique dans le monde de la politique, l’homme de 62 ans est connu dans sa région pour son combat pour la préservation de la faune et la flore du Haut-Béarn, notamment celle des ours. «Je sais que je tiendrai tête à Messieurs Trump et Poutine car moi, j’ai eu affaire aux ours et aux loups», avait-il notamment lâché au micro de BFMTV.

 

« Vous savez qu’il y a eu des histoires intimes entre les ours et les hommes ? »

 

Cet animal qui lui colle à la peau lui a valu une question durant C à vous. « En arrivant à l’Elysée, François Hollande n’avait pas d’animal de compagnie. Depuis, il a eu un labrador. Est-ce que vous avez un animal de compagnie qui viendra avec vous, un ours ou un loup?» s’est amusé à lui demander Pierre Lescure. «Je n’ai pas vraiment appris à en apprivoiser un pour être sûr qu’il se tienne d’aplomb», a répondu Jean Lassalle. « Vous savez qu’il y a eu des histoires intimes entre les ours et les hommes? Je n’en ai pas à raconter parce que je suis beaucoup trop jeune dans l’histoire des hommes. »

Si l’anecdote a laissé Patrick Cohen totalement muet et immobile, en revanche Anne-Sophie Lapix et d’Anne-Elisabeth Lemoine sont immédiatement parties dans un fou-rire de plusieurs secondes. Cette dernière, tout comme Maxime Switek, ont eu le plus grand mal à retrouver leur sérieux.

Il n’y a évidemment pas d’anecdote et encore moins sur
les ours... 

Il y a simplement une considération anthropologique sur la proximité de l’homme et du plantigrade. Des éléments de savoir, populaire et savant. Ce qui est intéressant c’est la conjonction d’un savoir livresque et d’une probable tradition orale. Le rire, quant à lui, me semble lié à une représentation érotique très banale qui n’est que l’illustration de cette proximité immémoriale. Quand il y a rire, nous a appris Lacan, le phallus n’est pas loin, les représentations théâtrales antiques étaient précédées de saynètes comiques où un homme levait sa tunique pour dévoiler et faire danser des attributs exagérés.

Les hommes et les ours ont fréquenté les mêmes cavernes, Michel Pastoureau parle de l’ours comme d’un roi déchu, Claude Gaignebet, le grand ethnologue folkloriste, nous appris lors d’un colloque à Bastia que l’ours pouvait convenir autant que l’homme, comme réponse à l’énigme du sphinx posée à Oedipe : il est tripode lorsque, dansant, il s’appuie sur son bâton. Enfin le prénom Orso est traditionnel en Corse et clairement apotropaïque.

Une fois l’hilarité apaisée on aurait pu entendre tout cela dans la remarque de Jean Lassalle qui savait que tout cela référait à une antiquité qu’il avait ouÏ-dire encore eut-il fallu ne pas avoir les oreilles bouchées par un diplôme de Sciences-Po. 

De ce point de vue le silence de Patrick Cohen me semble, lui, témoigner de culture et de respect. On eut souhaité que cela fut partagé ce soir là.

Il aurait suffi d’écouter vraiment Jean Lassalle à ce moment, mais aussi tout au long de la campagne. Lui avait quelque chose à dire. On a presque envie de dire qu’il était bien le seul.

Comme les surréalistes, ces révoltés d’après la grande guerre, pas ceux des journalistes mais les Breton, Soupault, Ernst, Aragon et tant d’autres inconnus de la Presse qui ne connait surréaliste que comme adjectif synonyme de bizarre, farfelu. 

Il nous restera la consolation de penser qu’il y eut un nombre non négligeable d’électeurs, en Corse notamment, pour ne pas s’y tromper et entendre le message.

Michel Pastoureau

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